Le don annoncé au G7 d’un milliard de doses d’ici à la mi-2022 ne fait pas du vaccin un « bien public mondial ». Il manque encore aux pays riches une vraie stratégie, unitaire et cohérente, pour un accès équitable aux vaccins anti-Covid. S’il est une mission que ce G7 devrait s’assigner, c’est bien de se donner l’ambition et les moyens de débarrasser la planète de cette pandémie dévastatrice, grâce à une distribution et une production équitables du vaccin.

Il y a des moments où l’on aspire à entendre des voix d’autant plus fortes qu’elles sont calmes. Des moments où l’on rêve d’être à mille lieues de ces « torrents d’émotions jetables et de commentaires désinvoltes qui submergent nos vies », comme l’écrit le sociologue Todd Gitlin. Loin du charivari des plateaux de télévision populistes, où les invité(e)s disent n’importe quoi et pontifient à tour de bras. Si le péremptoire a presque toujours fait partie de la lutte politique, il atteint aujourd’hui un niveau de toxicité insoutenable, porté par un système qui pousse à la tribalisation et donc à la dégradation de la pensée.

Cela fait désormais cinq mois que les frontières entre le Royaume-Uni et l’Union européenne sont rétablies. Et dans un contexte marqué par la pandémie, cela ne s’est pas fait sans heurts. Côté britannique, la crise sanitaire a accentué l’impréparation aux frontières. Et côté européen, l’avance prise par le Royaume-Uni en matière de vaccination a hérissé Bruxelles, qui, en limitant les exportations vers l’outre-Manche de doses de vaccin fabriquées dans l’Union, a enfreint le traité de coopération signé fin décembre.

Toutes les forces d’Otan auront quitté l’Afghanistan le 11 septembre. Les soldats belges seront tous de retour à la mi-juin. Vingt ans de guerre pour quels résultats? « Tous les pays qui font partie du champ de bataille de la guerre perpétuelle – du Pakistan au Liban, de la Somalie au Mali, de l’Asie du Sud à l’Amérique latine – sont des zones de désastre plus grandes qu’il y a 20 ans Aucune organisation (terroriste) n’a été éliminée. En fait, de nouvelles apparaissent constamment, tandis que les autres se dispersent et gagnent d’autres zones du monde

Le 5 juin, les principales économies mondiales ont annoncé un accord qui renforcera leur capacité à augmenter les impôts payés par les sociétés multinationales. L’accord a encore besoin de l’approbation formelle d’un ensemble plus large de pays, et il reste de nombreux détails à régler pour qu’il soit efficace. Néanmoins, il ne serait pas exagéré de qualifier l’accord d’historique. L’accord du G7 est un pas important dans la bonne direction.

La commission a lancé aujourd’hui, et pour la première fois de son histoire, une procédure contre un Etat pour infraction grave au règlement général de protection des données (RGPD). Et c’est la Belgique qui est visée. C’est le site d’information Politico qui l’ a annoncé. En cause une double plainte anonyme contre l’APD, l’autorité de protection des données. Une autre contre le CSI un organisme chargé de gérer les données de santé.

Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’UE, les Européens sont confrontés au durcissement des règles migratoires britanniques, une revendication de l’extrême droite reprise par le premier ministre. L’expérience des Européens au Royaume-Uni illustre concrètement l’immense régression que constitue le Brexit, qui recrée des barrières oubliées entre les acteurs économiques et entre les citoyens. Une situation face à laquelle l’UE se doit de réagir.

Les ministres des finances du G7 ont défini, samedi 5 juin, à Londres, un cadre pour l’imposition des multinationales et un taux minimum commun pour l’impôt sur les sociétés. Il faut maintenant rendre cette intention concrète pour contrer le dumping fiscal. Les dirigeants doivent maintenant avoir le courage de s’en saisir pour reprendre le contrôle d’une fiscalité qu’ils ont laissée échapper pendant trop longtemps.

Après cette pandémie, nous voilà repartis pour une réconfortante empoignade autour de la question de la neutralité dans les services publics. Car il est clair qu’une femme voilée et conduisant un tram ou une rame de métro de la STIB menace gravement la neutralité du service public. Le retour de la polémique autour du port du voile fait souffler un vent de fraicheur sur nos sociétés traumatisées par la pandémie : enfin, la vie reprend son cours normal et nous permet de revenir à nos occupations favorites, au premier rang desquelles, édicter des règles relatives à la vêture féminine. Nous voilà donc repartis pour une réconfortante empoignade autour de la question de la neutralité dans les services publics.

Le traitement de nos données personnelles est un enjeu clé pour l’avenir de nos régimes démocratiques. Dans des sociétés dominées par des impératifs de gestion, de rapidité et d’efficacité, la volonté de rassembler des données diverses sur les citoyens est une réalité qui se déploie dans un nombre croissant de domaines. Que ce soit en matière de sécurité sociale et de sécurité publique (caméras de surveillance) hier, dans le domaine de la santé aujourd’hui, de la justice et de la sécurité toujours demain, le mouvement est en marche et englobe la totalité des traces électroniques que nous laissons derrière nous.