Si la contraception est une affaire de femmes depuis les années 1960, c’est dans les années 1990 que les instances internationales ont commencé à s’intéresser au partage de la charge contraceptive. Après la conférence internationale des Nations Unies sur la population et le développement (Le Caire, 1994) et la 4e conférence mondiale des femmes (Beijing, 1995), une idée émerge, celle de partager la responsabilité du contrôle des naissances avec les hommes. En affirmant l’égalité des sexes dans toutes les sphères de la vie – sociale, familiale, sexuelle et reproductive –, on propose aux hommes de devenir personnellement et socialement responsables de leurs comportements sexuels et de leur fertilité.

Face au spectre d’une « guerre sans fin », le retrait progressif d’Afghanistan et d’Irak est présenté comme l’échec voire l’acte de décès du néoconservatisme. Une telle analyse mérite d’être nuancée et relativisée. Si l’interventionnisme au nom de la démocratie et du « nation building » n’est plus au programme international des Etats-Unis, les représentations qui l’ont légitimé perdurent et continuent d’imprégner les discours et imaginaires collectifs

Dans son dernier livre, « Lettre à la génération qui va tout changer », l’essayiste et député européen de gauche Raphaël Glucksman s’adresse aux jeunes, pour qu’ils ne tombent pas dans la résignation qui frappe les dirigeants européens. Il s’adresse aussi à la gauche, devenue incapable de répondre aux récits d’un Éric Zemmour ou d’un Donald Trump. À force d’avoir déconstruit elle-même toute notion d’idéal à poursuivre, elle est devenue incapable d’énoncer un grand projet politique.

Pour sortir véritablement du 11 septembre, une nouvelle lecture du monde est nécessaire : il est temps d’abandonner la notion de « guerre des civilisations » et de la remplacer par celles de co-développement et de justice globale. Cela passe par des objectifs explicites et vérifiables de prospérité partagée et par la définition d’un nouveau modèle économique, durable et équitable, dans lequel chaque région de la planète peut trouver sa place.

La puissance militaire au plus gros budget et à la technologie la plus avancée du monde a été défaite en Afghanistan. Les talibans ont aussi invalidé deux idées qui avaient profondément influencé les décisions du monde occidental. La première est que l’on peut exporter la démocratie et la transposer à l’étranger; la seconde, que l’armée américaine est la meilleure au monde.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont traumatisé les États-Unis, qui ont réagi guidés par la peur et l’hubris. Cette réaction a provoqué l’avènement du moment néoconservateur en politique étrangère, mais la réponse politique et militaire aux attentats a aussi profondément transformé le système partisan et la société américaine. Bilan de ces 20 ans qui commencent et finissent en Afghanistan.

Lorsque, le 11 septembre 2001, deux avions de ligne ont percuté les tours jumelles du World Trade Center, les Etats-Unis étaient au zénith de leur moment unipolaire. Auréolée de sa victoire de la guerre froide, de sa prospérité économique et de sa suprématie technologique après avoir lancé la révolution numérique, la puissance américaine paraissait solidement installée au faîte du monde. Les attaques quasi simultanées menées ce matin-là par les terroristes d’Al-Qaida à New York et contre le Pentagone à Washington ont changé les Etats-Unis. La façon dont ils ont réagi a changé le monde.