Il y a des moments où l’on aspire à entendre des voix d’autant plus fortes qu’elles sont calmes. Des moments où l’on rêve d’être à mille lieues de ces « torrents d’émotions jetables et de commentaires désinvoltes qui submergent nos vies », comme l’écrit le sociologue Todd Gitlin. Loin du charivari des plateaux de télévision populistes, où les invité(e)s disent n’importe quoi et pontifient à tour de bras. Si le péremptoire a presque toujours fait partie de la lutte politique, il atteint aujourd’hui un niveau de toxicité insoutenable, porté par un système qui pousse à la tribalisation et donc à la dégradation de la pensée.

Après cette pandémie, nous voilà repartis pour une réconfortante empoignade autour de la question de la neutralité dans les services publics. Car il est clair qu’une femme voilée et conduisant un tram ou une rame de métro de la STIB menace gravement la neutralité du service public. Le retour de la polémique autour du port du voile fait souffler un vent de fraicheur sur nos sociétés traumatisées par la pandémie : enfin, la vie reprend son cours normal et nous permet de revenir à nos occupations favorites, au premier rang desquelles, édicter des règles relatives à la vêture féminine. Nous voilà donc repartis pour une réconfortante empoignade autour de la question de la neutralité dans les services publics.

Le traitement de nos données personnelles est un enjeu clé pour l’avenir de nos régimes démocratiques. Dans des sociétés dominées par des impératifs de gestion, de rapidité et d’efficacité, la volonté de rassembler des données diverses sur les citoyens est une réalité qui se déploie dans un nombre croissant de domaines. Que ce soit en matière de sécurité sociale et de sécurité publique (caméras de surveillance) hier, dans le domaine de la santé aujourd’hui, de la justice et de la sécurité toujours demain, le mouvement est en marche et englobe la totalité des traces électroniques que nous laissons derrière nous.

Que devient la démocratie si une campagne électorale cesse d’être ce moment où la communauté nationale, par le débat public et la controverse, décide collectivement de son destin ? Si elle devient la résultante de stratégies d’investissements publicitaires fondées sur un micro-découpage de l’opinion et des micromanipulations quotidiennes ? Que devient, même, la Nation ? La fragmentation de la communauté nationale en de multiples cibles, l’envoi de messages spécifiques à ces micro-segments, dans le secret et sans contradiction, interdisent une réelle délibération politique, préalable au vote.

Sans s’avancer sur le contenu précis d’une proposition susceptible de satisfaire une majorité des défenseurs tant de la neutralité que de la diversité de la fonction publique, il semble possible de travailler sur différents axes pour élaborer une proposition pacificatrice qui admette que ni l’interdiction généralisée ni l’autorisation globale de tous les signes convictionnels n’est aujourd’hui réaliste.

Le débat fait rage depuis plus de 30 ans. Doit-on autoriser le port du voile dans les institutions publiques ? Ce mardi, la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) a annoncé que la Stib allait accepter le port de certains signes convictionnels « dans certaines conditions ». Ces déclarations ont mis le feu aux poudres dans ce débat politique où les différents partis se déchirent sur la question. Pour Corinne Torrekens,. on assiste à un glissement sémantique entre islam et islamisme. Ce qui est relatif à l’islam devient de l’islamisme

La question du port du foulard fait moins de vagues au nord qu’au sud du pays. Ces deux affaires ont relancé de plus belle le débat sur le voile chez les francophones, que ce soit à gauche ou à droite. Mais au nord du pays, l’approche est assez différente. Certaines personnalités politiques ont réagi mais globalement, le ton est plus calme. Sauf exception, les partis se montrent beaucoup moins divisés qu’au sud.

Le temps est donc venu de produire les narratifs de demain. Ceux qui sauront susciter le désir des femmes et des hommes pour un autre monde, soutenable celui-ci, qui pourrait s’appuyer sur les grands principes qui régissent la nature, et qui a porté la preuve de sa capacité de résilience depuis plus de 3,8 milliards d’années. Cela suppose une mobilisation inédite d’artistes, d’auteurs, de philosophes, de politiques et de citoyens pour proposer la vision d’un monde coopératif, frugal en énergie et économe en ressources.

Durant six mois, GPT-3, l’intelligence artificielle mise au point par l’organisme OpenAI, a produit des fake news sous la forme de tweets aussi précis sur le fond que bien tournés sur la forme. Une expérience réalisée par une équipe de chercheurs de l’université Georgetown, qui vient de publier les conclusions de son étude.

Rappelons, pour poser les enjeux, que la Belgique se définit comme un État neutre : il reconnaît et finance plusieurs religions et aussi une philosophie non-confessionnelle comme le courant laïque. Ou bientôt le bouddhisme : c’est dans l’accord de gouvernement De Croo, le bouddhisme sera reconnu sous cette législature. Le débat s’est enflammé depuis plusieurs semaines, surtout à Bruxelles, à cause d’une décision de justice.

Le groupe de Jeff Bezos a déboursé 8,45 milliards de dollars pour acquérir le studio et son catalogue de 4 000 films. Cet achat à prix d’or est une nouvelle illustration du pari que l’entreprise américaine fait sur le streaming, au détriment des salles de cinéma traditionnelles. S’agit-il d’un engouement éphémère, ou bien le streaming va-t-il continuer à progresser ? En investissant autant d’argent dans MGM, Amazon fait le pari que la seconde option finira par l’emporter.

«À force de s’adapter, la social-démocratie ne se distingue plus de manière significative des autres formations politiques et ne peut plus prétendre au statut d’alternative politique. Elle s’est, en quelque sorte, vidée de son propre programme et semble avoir rompu tout lien avec son projet initial. En se convertissant au néolibéralisme, la social-démocratie a décidé, comme l’exigeait la droite, d’accepter la primauté de l’économie sur la politique. En conséquence, ses revendications matérielles ont été subordonnées au marché: les salaires et la fiscalité conditionnés par la compétitivité, les emplois par le soutien aux entreprises et les conditions de travail par la flexibilité.»