Une lame de fond balaie les systèmes de santé et accroît la mortalité évitable : la commercialisation des soins, la privatisation des services de santé et surtout celle de la gestion des fonds de la sécurité sociale. Après les États-Unis et les pays en développement, la vague est aux portes de l’Europe. Déjà, la Suisse et la Hollande ont rendu obligatoire l’assurance santé contractée auprès d’un assureur privé. Et ailleurs, leur part dans les dépenses de santé ne cesse de croître – sans qu’aucune base scientifique solide n’étaie cette politique. Au contraire, on peut penser qu’après que les assurances aient été privatisées, l’accès aux soins se réduise ; les dépenses de santé flambent ; l’éthique professionnelle se détériore ; et la pratique de la médecine se déprofessionnalise.

Les deux camps partagent l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais alors que les techno-optimistes font confiance au capitalisme vert pour conduire la transformation de l’économie, les sceptiques suggèrent que l’addiction à la croissance est destructrice, et que l’on ne peut en guérir qu’en mettant un frein au gaspillage privé. La lutte contre le changement climatique, selon eux, est une lutte contre le capitalisme lui-même.

En gros, les partis sociaux-démocrates se répartissent aujourd’hui en 3 grandes catégories : (1) les figurants qui ont dégringolé autour de 5 % (tels le PS français, le PASOK grec ou le PvdA néerlandais) ; (2) les seconds rôles qui, avec 10-15%, ne pèsent plus vraiment sur l’échiquier politique de leurs pays (le SPD finlandais, le LSAP luxembourgeois, ou Vooruit en Flandre), auxquels on peut ajouter les stars déchues (SPÖ autrichien, SPD allemand ) détrônées à gauche par les Verts ; (3) les quelques partis encore capables, avec des résultats autour de 25-30%, de se hisser en haut de l’affiche : le PS portugais (le seul qui pète la forme), le PSOE (Espagne), le SAP (Suède) et … le PS francophone [3] .

À toutes les tristes vérités dévoilées aujourd’hui sur l’Afghanistan, jusque dans les grands médias, j’aimerais en ajouter une encore : la guerre, dès le début, fut affaire de politique, non pas en Afghanistan, mais bien aux États-Unis. L’Afghanistan ne fut jamais qu’une question secondaire. Selon le rapport de la commission d’enquête, les attentats terroristes du 11 septembre 2001 furent mis au point sur le territoire américain par des gens qui s’étaient préparés en Floride. Pour la plupart, ces individus étaient saoudiens. Le chef d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden, s’était replié en Afghanistan après avoir quitté le Soudan ; il s’établit bientôt au Pakistan et y demeura le restant de ses jours. Les dirigeants talibans de l’Afghanistan ne furent pas accusés d’avoir participé aux attentats du 11-Septembre.

Étoiles jaunes, des seringues qui forment des croix gammées et une question perverse qui revient “Qui?”. Un pronom d’apparence innocente qui cible en réalité “les juifs” et les accuse de bénéficier de la crise sanitaire. Dernièrement, dans les manifestations anti-pass sanitaire qui ont lieu chaque samedi en France depuis plusieurs semaines, un regain d’antisémitisme s’exprime. Avec une nouveauté: sa visibilité.

Il y a des moments où l’on aspire à entendre des voix d’autant plus fortes qu’elles sont calmes. Des moments où l’on rêve d’être à mille lieues de ces « torrents d’émotions jetables et de commentaires désinvoltes qui submergent nos vies », comme l’écrit le sociologue Todd Gitlin. Loin du charivari des plateaux de télévision populistes, où les invité(e)s disent n’importe quoi et pontifient à tour de bras. Si le péremptoire a presque toujours fait partie de la lutte politique, il atteint aujourd’hui un niveau de toxicité insoutenable, porté par un système qui pousse à la tribalisation et donc à la dégradation de la pensée.

Après cette pandémie, nous voilà repartis pour une réconfortante empoignade autour de la question de la neutralité dans les services publics. Car il est clair qu’une femme voilée et conduisant un tram ou une rame de métro de la STIB menace gravement la neutralité du service public. Le retour de la polémique autour du port du voile fait souffler un vent de fraicheur sur nos sociétés traumatisées par la pandémie : enfin, la vie reprend son cours normal et nous permet de revenir à nos occupations favorites, au premier rang desquelles, édicter des règles relatives à la vêture féminine. Nous voilà donc repartis pour une réconfortante empoignade autour de la question de la neutralité dans les services publics.

Le traitement de nos données personnelles est un enjeu clé pour l’avenir de nos régimes démocratiques. Dans des sociétés dominées par des impératifs de gestion, de rapidité et d’efficacité, la volonté de rassembler des données diverses sur les citoyens est une réalité qui se déploie dans un nombre croissant de domaines. Que ce soit en matière de sécurité sociale et de sécurité publique (caméras de surveillance) hier, dans le domaine de la santé aujourd’hui, de la justice et de la sécurité toujours demain, le mouvement est en marche et englobe la totalité des traces électroniques que nous laissons derrière nous.

Que devient la démocratie si une campagne électorale cesse d’être ce moment où la communauté nationale, par le débat public et la controverse, décide collectivement de son destin ? Si elle devient la résultante de stratégies d’investissements publicitaires fondées sur un micro-découpage de l’opinion et des micromanipulations quotidiennes ? Que devient, même, la Nation ? La fragmentation de la communauté nationale en de multiples cibles, l’envoi de messages spécifiques à ces micro-segments, dans le secret et sans contradiction, interdisent une réelle délibération politique, préalable au vote.

Sans s’avancer sur le contenu précis d’une proposition susceptible de satisfaire une majorité des défenseurs tant de la neutralité que de la diversité de la fonction publique, il semble possible de travailler sur différents axes pour élaborer une proposition pacificatrice qui admette que ni l’interdiction généralisée ni l’autorisation globale de tous les signes convictionnels n’est aujourd’hui réaliste.

Le débat fait rage depuis plus de 30 ans. Doit-on autoriser le port du voile dans les institutions publiques ? Ce mardi, la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) a annoncé que la Stib allait accepter le port de certains signes convictionnels « dans certaines conditions ». Ces déclarations ont mis le feu aux poudres dans ce débat politique où les différents partis se déchirent sur la question. Pour Corinne Torrekens,. on assiste à un glissement sémantique entre islam et islamisme. Ce qui est relatif à l’islam devient de l’islamisme

La question du port du foulard fait moins de vagues au nord qu’au sud du pays. Ces deux affaires ont relancé de plus belle le débat sur le voile chez les francophones, que ce soit à gauche ou à droite. Mais au nord du pays, l’approche est assez différente. Certaines personnalités politiques ont réagi mais globalement, le ton est plus calme. Sauf exception, les partis se montrent beaucoup moins divisés qu’au sud.