En Allemagne il est très vite apparu évident qu’une commune ou un Land n’est pas l’échelle adéquate pour faire face à des destructions de cette ampleur. Est-il encore possible chez nous d’utiliser les mots “solidarité nationale” ? “L’équipe de 11 millions” (slogan du Premier ministre) peut-elle rester au balcon alors que la Belgique vit la grande catastrophe depuis l’après-guerre ? C’est un test de maturité pour la Belgique d’aujourd’hui.

« Une équipe de 11 millions de Belges pour vaincre le coronavirus ! » La campagne « néo-belgicaine » lancée par le tout nouveau gouvernement fédéral en novembre 2020, le Premier ministre De Croo en tête. La Flandre de Jambon et De Wever grinçait des dents. Il s’agissait alors de « motiver et informer ». 10 mois, plus tard, il s’agit plutôt d’engueuler ! Au nom de tous les vaccinés, le Premier fédéral et le Premier wallon font les gros yeux aux non-vaccinés. Un peu comme les vaccinés reprochent aux non-vaccinés de les empêcher de vivre « normalement ».

Cette affaire touche à l’essence même de la politique Bruxelloise, cette idée que Bruxelles est mal servie dans le fédéralisme. Que Bruxelles est traitée de manière « utilitariste » par les autres sans penser à ses habitants. L’essence bruxelloise précède son existence, puisque c’est ce sentiment de manque de reconnaissance qui est à l’origine de la création de la Région (c’est au fond aussi le cas des deux autres). Aujourd’hui ce sentiment est toujours très présent. Bruxelles estime ne pas être traitée à l’égal des autres Régions, que Bruxelles est une sous-région.
C’est existentiel, mais c’est aussi actuel.