Après cette pandémie, nous voilà repartis pour une réconfortante empoignade autour de la question de la neutralité dans les services publics. Car il est clair qu’une femme voilée et conduisant un tram ou une rame de métro de la STIB menace gravement la neutralité du service public. Le retour de la polémique autour du port du voile fait souffler un vent de fraicheur sur nos sociétés traumatisées par la pandémie : enfin, la vie reprend son cours normal et nous permet de revenir à nos occupations favorites, au premier rang desquelles, édicter des règles relatives à la vêture féminine. Nous voilà donc repartis pour une réconfortante empoignade autour de la question de la neutralité dans les services publics.

Sans s’avancer sur le contenu précis d’une proposition susceptible de satisfaire une majorité des défenseurs tant de la neutralité que de la diversité de la fonction publique, il semble possible de travailler sur différents axes pour élaborer une proposition pacificatrice qui admette que ni l’interdiction généralisée ni l’autorisation globale de tous les signes convictionnels n’est aujourd’hui réaliste.

Le débat fait rage depuis plus de 30 ans. Doit-on autoriser le port du voile dans les institutions publiques ? Ce mardi, la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) a annoncé que la Stib allait accepter le port de certains signes convictionnels « dans certaines conditions ». Ces déclarations ont mis le feu aux poudres dans ce débat politique où les différents partis se déchirent sur la question. Pour Corinne Torrekens,. on assiste à un glissement sémantique entre islam et islamisme. Ce qui est relatif à l’islam devient de l’islamisme

La question du port du foulard fait moins de vagues au nord qu’au sud du pays. Ces deux affaires ont relancé de plus belle le débat sur le voile chez les francophones, que ce soit à gauche ou à droite. Mais au nord du pays, l’approche est assez différente. Certaines personnalités politiques ont réagi mais globalement, le ton est plus calme. Sauf exception, les partis se montrent beaucoup moins divisés qu’au sud.

Rappelons, pour poser les enjeux, que la Belgique se définit comme un État neutre : il reconnaît et finance plusieurs religions et aussi une philosophie non-confessionnelle comme le courant laïque. Ou bientôt le bouddhisme : c’est dans l’accord de gouvernement De Croo, le bouddhisme sera reconnu sous cette législature. Le débat s’est enflammé depuis plusieurs semaines, surtout à Bruxelles, à cause d’une décision de justice.