Les expériences se multiplient, dans lesquelles des citoyens tirés au sort se réunissent, s’informent et débattent sur des sujets majeurs, qu’il s’agisse du fédéralisme belge, des priorités européennes ou d’enjeux environnementaux. Mais un tabou subsiste : sauf à l’échelle locale, ces enceintes mises en place à l’initiative des autorités publiques ne possèdent pas de pouvoir de décision, les élus restant libres d’ignorer leurs propositions.

Emmanuel Macron rompt avec ce schéma en se présentant comme étant « en même temps » de droite et de gauche : il ne se conçoit pas comme le porte-parole d’une idéologie ou d’une partie du corps social, mais comme un individu placé au-dessus des appartenances partisanes et qui doit attirer les suffrages par ses qualités personnelles, le volontarisme, la compétence, le pragmatisme… Emmanuel Macron joue résolument du caractère aristocratique de l’élection.

Cela fait déjà un certain temps que l’on accuse le Covid Safe Ticket (CST) d’être discriminatoire, et ce ne sont pas les propos hallucinants d’Emmanuel Macron, en France, qui vont calmer le jeu. Mais ce n’est pas cela qui se joue en Belgique. Le CST n’est pas un pass vaccinal, et si le monde politique pousse les non-vaccinés à changer d’attitude, il n’a jamais dit vouloir leur nuire. Cependant, cela ne règle pas la question de fond .

Depuis quelques jours, les médias multiplient les titres chocs pour souligner les tensions qui minent la Vivaldi dans une série de dossiers : pensions, sortie du nucléaire, politique de l’emploi… Certains commentateurs s’inquiètent : le gouvernement fédéral tombera-t-il avant les élections de 2024 ? La plupart déplorent ces chamailleries, qui retardent la prise de décision et minent la confiance des citoyens envers le monde politique. Pourtant, nous devrions nous réjouir de ces controverses et dire « Encore » plutôt que « Stop », si l’on songe à une célèbre émission radiophonique.