Le Parlement européen a adopté par 494 voix pour, 58 contre et 44 abstentions une résolution qualifiant la Russie d’« État promoteur du terrorisme » ; les États sont plus réticents à s’engager sur cette voie car ils ne veulent pas se lier les mains. Pour autant, cette posture morale n’est pas facile à traduire en actes diplomatiques par les États.

Au premier congrès des Soviets, le 9 juin 1917, Lénine déclare : « Que la Russie soit une fédération de libres républiques ! « Accédez aux Ukrainiens, et vous ouvrirez la voie à la confiance mutuelle et à une union fraternelle entre deux nations égales. » Pour Poutine, c’est un déni de l’unicité de la grande nation russe, « un peuple trinitaire composé de Grands Russes, de Petits Russes et de Biélorusses. » Cela aboutit à une Ukraine « nationaliste » aux dépens de la Russie historique

Si les républicains obtiennent la majorité à l’une des deux chambres du Congrès aux élections de mi-mandat du 8 novembre, comme les sondages le prédisent, la politique étrangère de Joe Biden pourrait entrer dans une période de turbulences, quoiqu’un revirement complet sur l’Ukraine apparaisse peu probable.

Qui parle de négociations ? Le Président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a accès aux deux parties. La Turquie a appelé à un cessez-le-feu immédiat, et Erdogan propose d’organiser une rencontre entre le président russe et son homologue ukrainien Volodymyr Zelenski. Face aux bombardements massifs des villes ça pourrait sembler une proposition de bon sens.

Il était présent sur de nombreux théâtres de guerre, à commencer par l’Afghanistan, la Tchétchénie, le Tadjikistan, la Syrie et maintenant l’Ukraine. Sa nomination a été saluée par les plus vifs critiques de l’armée. “Notre armée en Ukraine est désormais entre de bonnes mains”, a aussitôt réagi le leader tchétchène Ramzan Kadyrov

La Russie a essuyé une nouvelle humiliation avec l’explosion qui a visé le pont jeté sur le détroit de Kertch, le 8 octobre. Il était le symbole triomphant de l’annexion unilatérale et illégale de la Crimée, le voici devenu l’illustration d’une ambition impériale mal en point. Cette humiliation ne peut que raviver les discours les plus extrêmes sur les plateaux de télévision russes, où la propagande la plus folle se déverse au quotidien. La menace d’un recours à l’arme nucléaire y figure en bonne place.

« Ce retour des blocs était en gestation depuis déjà quelque temps, conséquence de la politique toujours plus agressive de dirigeants autoritaires décidés à remettre en cause l’actuel statu quo comme Poutine à Moscou ou Xi Jinping à Pékin. Mais si la première guerre froide opposait les Etats-Unis à une URSS forte et une Chine faible, Joe Biden doit faire face à la fois à une Chine très forte et une Russie très agressive », note Michel Duclos, de l’Institut Montaigne.