Au menu cet été, c’est à toutes les sauces que la solidarité nous a été servie, illustrant combien les choix individuels et collectifs en définissent les contours. Car la solidarité s’exprime envers les membres du groupe, à l’exclusion de ceux et celles qui ne le sont pas. Car une solidarité n’est pas l’autre, ne confondons pas la solidarité interpersonnelle et la solidarité institutionnellement organisée. Parler de solidarité, c’est donc parler de société. Et là, on a un problème.

La condamnation, jeudi, de l’ancien maire de Riace en Calabre (sud de l’Italie), Domenico Lucano, à plus de 13 ans de prison pour incitation à l’immigration clandestine a provoqué une onde de choc en Italie. L’ancien édile est une figure emblématique de l’accueil et de l’intégration des migrants en Italie. Une politique qui lui avait valu d’être nommé troisième « meilleur maire au monde » en 2010, et parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde dans le classement du magazine Fortune.

L’idée d’un fardeau insupportable pour les générations ultérieures est un mythe. L’histoire nous prouve que tous les régimes, depuis au moins un bon millénaire, ont vécu en s’endettant. Ce qui important, ce n’est pas d’être en mesure de rembourser, en réalité; c’est de montrer que ce remboursement est possible… même s’il n’a jamais lieu. Tout le monde sait que l’économie est aussi et peut-être avant tout basée sur des sentiments et des attitudes: la confiance, l’appât du gain, l’anticipation, le flair, etc.

Il y a un siècle, une pandémie de grippe a tué plus de gens que la Première Guerre mondiale. De nos jours, la pandémie de COVID-19 tue davantage d’Américains que toutes les guerres américaines depuis 1945. Mais il y a toutefois une grande différence : c’est que la science n’avait pas de vaccin contre le virus de la grippe à l’époque, alors qu’à présent plusieurs entreprises et pays produisent des vaccins contre la COVID-19. les États-Unis doivent devenir le fer de lance d’un groupe de pays riches dans un plan de vaccination du reste du monde dès aujourd’hui, avant même de mener à bien leur travail sur le plan national.

La pénurie actuelle de vaccins est artificielle et évitable. Elle résulte du fait que nous avons laissé le contrôle de la disponibilité des vaccins à une poignée de fabricants commerciaux, alors que la plupart des efforts de recherche et de développement (R&D) ont été financés par des gouvernements, donc par nous tous, y compris des années de recherches préalables des centres de recherches publiques et universitaires sur lesquelles le développement rapide des vaccins repose.

Chacun dans nos replis nationalistes, dans nos pensées locales et souvent étriquées pour résoudre un problème global, nous avons loupé le coche de l’universalité. Alors que la pandémie de Covid-19 met en avant les inégalités sociales, économiques, sanitaires ou ethniques, elle nous force aussi à nous penser comme étant tous et toutes sur le même bateau, comme étant tous et toutes vulnérables