On peut résumer l’état d’esprit de ceux qui se sont un jour sentis proches de la social-démocratie (le terme désignant ici l’ensemble des partis socialistes européens) comme une appétence pour une gauche qui concilie les impératifs sociaux et environnementaux et qui serait suffisamment radicale pour créer les conditions d’un rapport de forces avec le capitalisme, sans pour autant reprendre les codes et la sémantique de la gauche radicale. On trouve cet impératif de radicalité chez Benoît Hamon. Explications de Fabien Escalona

 » La social-démocratie ne s’est jamais remise de sa conversion au libéralisme. Elle est à présent soit très affaiblie ou en voie de disparition soit, après avoir renoncé à sa doctrine, elle se maintient comme une formation politique devenue étrangère à elle-même. À moins de se réinventer, elle se fond dans les autres formations et disparaît en tant qu’alternative politique »

En gros, les partis sociaux-démocrates se répartissent aujourd’hui en 3 grandes catégories : (1) les figurants qui ont dégringolé autour de 5 % (tels le PS français, le PASOK grec ou le PvdA néerlandais) ; (2) les seconds rôles qui, avec 10-15%, ne pèsent plus vraiment sur l’échiquier politique de leurs pays (le SPD finlandais, le LSAP luxembourgeois, ou Vooruit en Flandre), auxquels on peut ajouter les stars déchues (SPÖ autrichien, SPD allemand ) détrônées à gauche par les Verts ; (3) les quelques partis encore capables, avec des résultats autour de 25-30%, de se hisser en haut de l’affiche : le PS portugais (le seul qui pète la forme), le PSOE (Espagne), le SAP (Suède) et … le PS francophone [3] .