Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, les technologies de surveillance de masse n’ont cessé de se développer. Au nom de la lutte contre le terrorisme, de nombreux pays ont mis en place des outils pour capter massivement des données sur leur population. Dans les pays autoritaires, il s’agit surtout de réprimer les opposants. Dans les démocraties, les autorités sont aussi tentées par ce qu’elles qualifient volontiers de « solutions techniques ».

Peiter “Mudge” Zatko, l’ancien directeur de la cybersécurité de la plateforme et l’un des experts les plus reconnus en la matière, a transmis une plainte cinglante aux autorités américaines : des lacunes de sécurité “extrêmes et flagrantes” sur la plateforme risquaient de fragiliser la vie privée de ses utilisateurs, la sécurité nationale et la démocratie.

« Du glissement d’un système démocratique vers une technocratie des données. » Carte blanche co-signée par un collectif de juristes, d’avocats, de responsables du traitement de données, de médecins… Beaucoup de citoyens semblent percevoir qu’il existe un « problème » majeur lié à la manière dont nos données personnelles seraient stockées, partagées et réutilisées par l’Etat. Pourtant, la nature et l’ampleur de ce problème semblent embourbées dans un océan de complexité.