Comment les fausses nouvelles arrivent-elles à se propager ? Pourquoi parviennent-elles à fracturer notre société ? La désinformation n’est pas un phénomène nouveau, pourquoi le problème apparaît-il plus préoccupant aujourd’hui ? Franceinfo a interrogé le chercheur américain James Owen Weatherall, qui a étudié les mécanismes sociaux favorisant la propagation des fausses nouvelles.

L’influenceur vit par et а travers les réseaux sociaux. Se mettant en scène sous toutes les coutures en prenant soin d’apparaitre sous son meilleur jour, il engraisse son portefeuille par l’entremise de conseils dont l’unique vertu est d’enrichir encore un peu plus son compte en banque et celui des marques pour qui il travaille. Il est а lui tout seul l’incarnation de notre йpoque: la négation de la pensée alliée а la glorification du superflu, cocktail explosif capable de conduire а la longue le monde au bord du précipice.

Le nouveau réseau social de Donald Trump, « Truth Social », a entamé dimanche soir sa mise en ligne progressive et devrait être « complètement opérationnel » d’ici fin mars, plus d’un an après l’exclusion de l’ancien président américain des grandes plateformes. »Le temps de la Vérité est venu » a tweeté Donald Trump Junior, le fils de l’ex-président, avec une capture d’écran d’un message de son père sur le réseau: « Soyez prêts! Votre président favori va bientôt vous recevoir »

Les nouveaux populistes refusent désormais les résultats des urnes. Comme le formule le dramaturge Tom Stoppard dans une maxime lumineuse : « la démocratie est un système où les partis perdent les élections ». À cette aune, le recul est patent. Ainsi de Donald Trump qui parle de « vol » et de « mensonge » à propos de sa présidentielle perdue.

Alphabet (maison mère de YouTube), Meta (celle de Facebook), Reddit et Twitter sont visés par ces injonctions à comparaître. La commission, dont le rôle est d’établir la responsabilité de l’ancien président Donald Trump et de son entourage dans l’assaut du Congrès par ses partisans, a fait savoir que ces requêtes avaient été lancées après des « réponses insuffisantes » des quatre groupes à de précédentes demandes de collaboration.

Jean Marie Guéhenno s’interroge sur le choix dramatique qui risque de s’imposer à l’Occident, tenu d’arbitrer entre les GAFA et la Chine. Dans les deux cas on a vu naître des puissances, entreprises comme Google ou Facebook ou étatiques comme la Chine, qui tentent de dominer le monde grâce au contrôle exclusif des données. Un conflit majeur, très différent de la guerre froide, se profile donc entre des géants tous américains et une Chine, bien plus puissante et redoutable que la défunte URSS.

Ce dérèglement n’épargne pas non plus les piliers les plus anciens de la démocratie libérale. La multiplication des offensives contre les indispensables contre-pouvoirs, qui sont pourtant les garants de son bon fonctionnement, en Europe comme aux Etats-Unis, en témoigne, sans compter les effets dévastateurs de réseaux sociaux qui y attisent les haines.