А bout de souffle, attaquée par un Parti républicain aux tendances autoritaires ,piègée par des lobbys tout-puissants et rongée par le conspirationnisme, la démocratie américaine est acculée. Tout ceci a pourtant été rendu possible par un systиme politique devenu largement défavorable aux Démocrates, car n’ayant pas tenu compte des évolutions gйographiques et démographiques des dernières décennies.

« Les États-Unis se dirigent vers leur plus grande crise politique et constitutionnelle depuis la guerre de Sécession avec, au cours des trois à quatre prochaines années, des perspectives crédibles de violences de masse, de rupture de l’autorité fédérale et de division du pays en enclaves républicaines et démocrates », a récemment déclaré le politologue conservateur Robert Kagan dans un long éditorial publié par le Washington Post et qui, depuis, n’en finit pas d’alimenter le débat.

Les quatre années du mandat de Donald Trump ont vu le renouvellement de nombreux élus républicains au Congrès. Souvent soutenus par l’ex-président dès les primaires du parti, ils ont été choisis pour leur dévotion envers lui et pour leur soutien aux différents éléments de son programme : si le conservatisme moral et le moins-disant fiscal et environnemental sont des principes anciens du Parti républicain repris par Trump, le nationalisme identitaire (anti-immigration) et économique (protectionniste), la défense des « Blancs non diplômés » présentés comme une minorité opprimée sont des préceptes plus récents apportés par l’ex-président populiste.

le journaliste indépendant Christophe Le Boucher brosse le portrait d’une Amérique à la démocratie plus que vacillante… Selon lui, les aspirations profondes des citoyens américains, bien qu’empreintes de justice sociale et écologique, demeurent prisonnières de l’emprise des médias conservateurs et d’un système favorisant outrancièrement les Républicains. Pourquoi ? Entretien.

«Les États-Unis vont vers leur plus grave crise politique et constitutionnelle depuis la guerre ​​de Sécession et on peut raisonnablement imaginer qu’ils pourraient connaître, ces trois ou quatre prochaines années, des troubles tels que violences généralisées, effondrement de l’autorité fédérale et division du pays entre enclaves rouges et bleues qui se font la guerre.»
Telle est l’attaque d’un papier explosif paru le 23 septembre dans le Washington Post et signé Robert Kagan. Jusqu’en 2016, c’était l’un des stratèges en politique étrangère les plus influents au sein du Parti républicain.

Le premier élément exploite la décision historique de la Cour suprême autorisant le « contrôle judiciaire », c’est-à-dire donnant au pouvoir judiciaire fédéral le droit de déterminer la constitutionnalité des décisions politiques. Le deuxième élément concerne e contrôle partisan du processus de définition de la forme des districts du Congrès et des circonscriptions législatives des États. Le troisième élément est la suppression des électeurs.

C’est désormais une tradition de fin d’année aux États-Unis : le rituel de crise auto-infligée par la polarisation politique américaine. Menace de fermeture du gouvernement faute de budget, menace de défaut sur la dette faute de relèvement du plafond, règlement provisoire occupant un temps précieux au Congrès ne faisant que repousser la crise, l’ensemble portant atteinte de manière récurrente à la gouvernabilité et la compétence des États-Unis.

Une loi électorale controversée vient d’être adoptée en Géorgie. Les débats qui l’entourent reflètent le combat acharné que se livrent les deux grands partis pour peser sur les procédures de vote. Le texte a provoqué un tollé. Il y aurait plus de 360 projets de loi similaires, parfois plus radicaux, dans 47 États, projets particulièrement bien avancés au Texas, en Arizona ou dans le Michigan.

Trump transforme le GOP en parti fasciste. On hésite toujours à utiliser le terme fascisme, si étroitement lié à une période particulière et déjà éloignée de l’histoire européenne, par crainte de commettre des anachronismes. Et pourtant, n’est-ce pas cela dont il s’agit ici ?Tous les ingrédients de la constitution d’un parti fasciste sont présents aujourd’hui dans l’évolution du Parti républicain