Un chroniqueur du New York Times observait récemment que la politique américaine pourrait être « au milieu d’un changement radical par rapport aux règles et traditions démocratiques qui ont guidé le pays pendant très longtemps. Pour citer la célèbre observation de Winston Churchill en 1942 (bien que dans un sens diamétralement opposé à son affirmation prudemment optimiste), « Ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le début de la fin. Mais c’est, peut-être, la fin du commencement. »

Et si les États-Unis perdaient leur système démocratique ? La question n’est pas simplement rhétorique ou le scénario d’une série dystopique, mais le sujet d’un débat tout ce qu’il y a de plus sérieux dans la société américaine. Un an après les incidents du Capitole, l’Amérique s’inquiète pour sa démocratie, certains redoutent même une guerre civile. L’élection de Joe Biden n’a pas apaisé une société polarisée.

Où vont les États-Unis ? Une fois passée la brève euphorie suivant l’élection de Joe Biden en novembre 2020, les nouvelles préoccupantes se sont succédé. L’analyse de ces différents éléments montre que l’évolution des forces politiques joue de plus en plus en défaveur du Parti démocrate et conforte un Parti républicain dominé par une faction extrémiste prête à remettre en cause les mécanismes traditionnels de la démocratie américaine.

А bout de souffle, attaquée par un Parti républicain aux tendances autoritaires ,piègée par des lobbys tout-puissants et rongée par le conspirationnisme, la démocratie américaine est acculée. Tout ceci a pourtant été rendu possible par un systиme politique devenu largement défavorable aux Démocrates, car n’ayant pas tenu compte des évolutions gйographiques et démographiques des dernières décennies.

« Les États-Unis se dirigent vers leur plus grande crise politique et constitutionnelle depuis la guerre de Sécession avec, au cours des trois à quatre prochaines années, des perspectives crédibles de violences de masse, de rupture de l’autorité fédérale et de division du pays en enclaves républicaines et démocrates », a récemment déclaré le politologue conservateur Robert Kagan dans un long éditorial publié par le Washington Post et qui, depuis, n’en finit pas d’alimenter le débat.

Les quatre années du mandat de Donald Trump ont vu le renouvellement de nombreux élus républicains au Congrès. Souvent soutenus par l’ex-président dès les primaires du parti, ils ont été choisis pour leur dévotion envers lui et pour leur soutien aux différents éléments de son programme : si le conservatisme moral et le moins-disant fiscal et environnemental sont des principes anciens du Parti républicain repris par Trump, le nationalisme identitaire (anti-immigration) et économique (protectionniste), la défense des « Blancs non diplômés » présentés comme une minorité opprimée sont des préceptes plus récents apportés par l’ex-président populiste.