Les sondages ne laissent aucun doute sur la question : les Américains sont très largement favorables à un contrôle renforcé des armes. Pourquoi cela ne se traduit-il pas dans la loi ? A cause du « filibuster », une manœuvre qui permet à une minorité de 40 sénateurs sur 100 de tout bloquer. Fusillade après fusillade, les Etats-Unis se retrouvent pris au piège de ces dix vérités, dérangeantes, mais qui constituent le fond du problème d’un pays surarmé.

C’est un cauchemar récurrent. Oxford, Michigan, 30 novembre 2021 : 4 élèves tués, 6 blessés. Santa Fe, Texas, 18 mai 2018 : 10 morts, 10 blessés. Parkland, Floride, 14 février 2018 : 17 morts, dont une majorité d’adolescents. Une liste presque sans fin de fusillades en milieu scolaire, et qui vient encore de s’allonger. Mardi, Salvador Ramos, 18 ans, a fauché sous ses balles 21 personnes, dont 19 enfants, dans une école primaire d’Uvalde, au Texas.. Le président américain Joe Biden a appelé à « affronter le lobby des armes »

Contrairement aux autres démocraties occidentales, les Etats-Unis n’ont jamais vu disparaître l’opposition à l’avortement après sa légalisation. Le sujet est devenu un « marqueur politique structurant » dans le pays. Explications de l’historien Simon Grivet.

Tout indique donc que, dans les années qui viennent, les États-Unis évolueront vers un État que l’on ne pourra plus qualifier de démocratique, parce qu’un nombre grandissant d’électeurs seront empêchés de voter, et que dans certains États les « grands électeurs » qui devront certifier la victoire du président élu ne refléteront plus les votes exprimés dans leur État.

Un chroniqueur du New York Times observait récemment que la politique américaine pourrait être « au milieu d’un changement radical par rapport aux règles et traditions démocratiques qui ont guidé le pays pendant très longtemps. Pour citer la célèbre observation de Winston Churchill en 1942 (bien que dans un sens diamétralement opposé à son affirmation prudemment optimiste), « Ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le début de la fin. Mais c’est, peut-être, la fin du commencement. »

Et si les États-Unis perdaient leur système démocratique ? La question n’est pas simplement rhétorique ou le scénario d’une série dystopique, mais le sujet d’un débat tout ce qu’il y a de plus sérieux dans la société américaine. Un an après les incidents du Capitole, l’Amérique s’inquiète pour sa démocratie, certains redoutent même une guerre civile. L’élection de Joe Biden n’a pas apaisé une société polarisée.