Pour la première fois depuis plus de 20 ans, le parlement européen a adopté une résolution défavorable au Maroc sur la situation des journalistes marocains. Alors que de nombreux pays tiers ont fait l’objet de résolutions critiquant durement leurs abus en matière de droits humains, le Maroc a été épargné depuis 1996. « Pendant de longues années, les socialistes ont systématiquement bloqué tout débat ou résolution en séance plénière qui puisse déranger un tant soit peu le Maroc », regrette Miguel Urban, député du Groupe de gauche.

« Marc Tarabella a été exclu de sa qualité de membre » du PS. L’eurodéputé belge est cité dans le Qatargate, l’affaire de corruption au Parlement européen. Ce type d’exclusion est rarissime. Au PS on craint que le Qatargate ne gangrène l’image du parti. On peut donc être condamné et élu et n’être même pas inculpé et exclu. En la matière seul compte l’intérêt du parti.

Certains diront que cet épisode est exceptionnel, et ne représente pas la culture du Parlement européen. C’est vrai et faux. Vrai, parce qu’il est rare qu’on tombe dans une affaire sur 1.500.000 euros en cash non déclarés. Faux, car la plupart des parlementaires sont seulement plus malins que Kaili. Ils utilisent d’autres méthodes, moins visibles, pour vendre leurs services.

La sombre affaire de corruption révélée ces jours-ci au cœur du Parlement européen appelle un sursaut. Des outils existent — mais la prise au sérieux du risque par les plus hautes instances de l’Union est encore trop faible. Trop longtemps aveuglés par une confiance jamais questionnée dans l’auto-régulation et la transparence, l’Union et les États membres doivent réagir : il est temps de penser une stratégie autonome de défense des institutions.

Le respect de la liberté des élus européens ne peut faire obstacle à leur obligation de déclarer leurs activités extérieures ainsi que les réunions auxquelles ils participent, notamment avec des représentants ou des lobbyistes de pays tiers. Au-delà du seul Parlement, un renforcement du code d’éthique et de lobbying des institutions européennes s’avère vital pour une Union dont les soubresauts du monde soulignent à la fois les fragilités et l’importance.