Celui qui prétendait réduire le hiatus entre l’exercice de l’État et la mise en récit de la politique semble aujourd’hui incapable de rebondir. Où est passé le président narrateur? Celui qui pendant cinq ans a fait du récit un attribut essentiel de la fonction présidentielle, allant jusqu’à théoriser une sorte de pouvoir du romanesque sur les esprits, semble depuis sa réélection en panne d’inspiration. Aucune ligne narrative ne se dessine qui permettrait de dégager un dessein pour le pays, un espoir ou un horizon d’attente pour des Français confrontés aux effets déstabilisateurs de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine.