Depuis le 24 février, l’Europe est bien en guerre, une guerre locale-mondiale d’un genre nouveau, prise dans les frontières d’empires en crise et des structures géo-écologiques mouvantes. Nous sommes en guerre générale au sein de notre « grand » continent, pour la première fois depuis la fin du nazisme. Nous y sommes du fait d’une agression absolument contraire au droit international, qui débouche sur la guerre totale et porte en elle le risque d’une escalade nucléaire.

Ne pas se ranger du côté des États-Unis, ni apporter de soutien inconditionnel à Moscou… L’invasion russe de l’Ukraine ne facilite pas la position de Pékin.La tournure prise par le conflit en Ukraine ne peut qu’étonner les dirigeants chinois. Vladimir Poutine les avait prévenus de l’attaque qu’il allait lancer contre l’Ukraine lorsqu’il est venu à Pékin, le 4 février, à l’occasion du lancement des Jeux olympiques d’hiver. Mais il était probablement évident pour le président russe qu’elle devait s’achever victorieusement en quelques jours.

En acceptant la Finlande parmi ses membres, l’Alliance devra ainsi intégrer la longue frontière terrestre finlandaise avec la Russie dans ses schémas de défense. Elle devra revoir son dispositif en mer Baltique, a fortiori si la Suède la rejoint également. La dimension stratégique de l’exclave russe de Kaliningrad, entre Pologne et Lituanie, va être relancée.

Si les appels à soutenir l’Ukraine sont compréhensibles et moralement justifiables, il ne faut pas perdre de vue les risques d’escalade, affirme le penseur et théoricien de l’École de Francfort. La guerre froide a appris aux Occidentaux que “les conflits avec les puissances nucléaires ne peuvent plus être ‘remportés’ dans le vrai sens du terme, du moins pas par des opérations militaires.”