Il y a parfois dans le déroulement d’une guerre, le massacre de trop, celui qui change le cours de l’histoire. Ce fut le cas avec le bombardement meurtrier du marché de Sarajevo, en 1995, poussant l’OTAN à intervenir contre les Serbes de Bosnie. La réaction unanime en Occident face à ces massacres changera-t-elle la donne comme elle a pu le faire dans d’autres conflits ? Pas si sûr, car si le degré d’horreur a grimpé, l’équation reste la même : personne en Occident n’est prêt à risquer une confrontation avec la Russie, puissance nucléaire

Comment voter sereinement lorsqu’une guerre majeure se déroule à vos portes ? Comment voter sereinement, surtout, lorsque le parti au pouvoir contrôle les principaux médias et matraque un message clivant qui fait apparaître ses opposants comme partisans de la guerre ? Les élections législatives de dimanche en Hongrie se déroulent à l’ombre de la guerre d’Ukraine, et les sondages donnent le parti du premier ministre favori, malgré sa proximité avec Vladimir Poutine.

Le plus inquiétant, c’est cette phrase : « Tout peuple, et en particulier le peuple russe, est capable de distinguer les vrais patriotes de la racaille et des traîtres, et de recracher ces derniers comme un moucheron qui aurait atterri dans leur bouche. Je suis convaincu que cette purification naturelle et nécessaire de la société ne fera que renforcer notre pays ».

Vladimir Poutine va-t-il s’arrêter là ? Premier test : va-t-il lancer son armée à la conquête de territoires situés au-delà de la ligne de front, et qui sont revendiqués par les deux Républiques séparatistes, comme le port de Mariupol, sur la mer d’Azov. Si les troupes russes traversent la ligne de front, ce sera la guerre, ne nous y trompons pas.