Cette quantité phénoménale correspond à ce qui serait libéré dans l’atmosphère si les réserves de pétrole, de gaz et de charbon étaient totalement produites et utilisées.. Cela équivaut à « plus que toutes les émissions produites depuis la révolution industrielle » et « plus de sept fois le budget carbone restant pour respecter la température limite de 1,5 °C.

Pour la Russie, le «tsunami de cash» généré par le gaz et le pétrole a été, durant les premiers mois de la guerre, une bénédiction. Alors que le pays était frappé de sanctions de plus en plus sévères, cette manne du gaz et du pétrole permettait de faire rentrer des milliards de dollars dans les caisses russes, un argent indispensable pour financer la coûteuse guerre menée chez le voisin.

La guerre en Ukraine a remis la question de notre (in)dépendance énergétique dans beaucoup de discussions, notamment car l’Europe importe beaucoup de gaz et de pétrole de Russie (entre autres matières). La transition énergétique est une opportunité de faire fortement évoluer cette dépendance… Mais au risque d’en créer de nouvelles.

L’agression russe à l’égard de l’Ukraine met l’Europe au défi de réagir. Au centre de l’action d’une Union européenne militairement faible, mais économiquement puissante : des sanctions économiques. Tandis qu’une foule de mesures est prise, allant de l’exclusion du système d’échanges bancaires à une cessation de collaboration avec toutes les institutions publiques russes, la question de l’arrêt des importations d’hydrocarbures revient de manière lancinante.

Pour l’économiste Sergueï Gouriev, un embargo sur les importations d’hydrocarbures russes est la solution la plus rapide pour mettre un terme à la guerre, sans que cela ne règle tous les problèmes. Dans cet entretien, il revient également sur le rôle de la Chine dans le conflit, sur celui des oligarques russes ou encore sur le pouvoir par la peur exercé par Poutine.

Sous pression du Congrès américain, le président Joe Biden annonce un embargo sur le pétrole russe, son quatrième fournisseur, en représailles à l’invasion de Moscou en Ukraine. Bien plus dépendante de l’or noir de Moscou que l’Oncle Sam, l’Union européenne ne devrait pas suivre la décision des Etats-Unis. Quelques minutes après l’annonce par la presse américaine, les cours du pétrole se sont envolés de plus de 7%, tutoyant les plus hauts historiques.

La crise énergétique pourrait mettre en péril le soutien politique aux mesures de protection du climat, qui seront au cœur de la COP26, à Glasgow en novembre. Les gouvernements peuvent néanmoins faire quelque chose pour éviter que les perturbations du marché de l’énergie n’entraînent une hausse astronomique des factures d’électricité et des ruptures d’approvisionnement à l’échelle mondiale.

Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ne laisse pas l’ombre d’un doute. L’humanité a déjà émis suffisamment de gaz à effet de serre pour faire grimper la température atmosphérique d’au moins 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Cela va entrainer des changements climatiques extrêmes et irréversibles au cours des deux prochaines décennies. Les États-Unis disposent de la technologie et des ressources nécessaires pour créer une économie moderne et propre. Il leur manque tout simplement la volonté politique d’y parvenir. Ce phénomène a des implications de grande ampleur. En tant que première économie mondiale, dotée des émissions de CO2 par habitant les plus élevées, les États-Unis sont essentiels au succès de la COP26.