Pour la première fois depuis plus de 20 ans, le parlement européen a adopté une résolution défavorable au Maroc sur la situation des journalistes marocains. Alors que de nombreux pays tiers ont fait l’objet de résolutions critiquant durement leurs abus en matière de droits humains, le Maroc a été épargné depuis 1996. « Pendant de longues années, les socialistes ont systématiquement bloqué tout débat ou résolution en séance plénière qui puisse déranger un tant soit peu le Maroc », regrette Miguel Urban, député du Groupe de gauche.

Certains diront que cet épisode est exceptionnel, et ne représente pas la culture du Parlement européen. C’est vrai et faux. Vrai, parce qu’il est rare qu’on tombe dans une affaire sur 1.500.000 euros en cash non déclarés. Faux, car la plupart des parlementaires sont seulement plus malins que Kaili. Ils utilisent d’autres méthodes, moins visibles, pour vendre leurs services.

La sombre affaire de corruption révélée ces jours-ci au cœur du Parlement européen appelle un sursaut. Des outils existent — mais la prise au sérieux du risque par les plus hautes instances de l’Union est encore trop faible. Trop longtemps aveuglés par une confiance jamais questionnée dans l’auto-régulation et la transparence, l’Union et les États membres doivent réagir : il est temps de penser une stratégie autonome de défense des institutions.

Le respect de la liberté des élus européens ne peut faire obstacle à leur obligation de déclarer leurs activités extérieures ainsi que les réunions auxquelles ils participent, notamment avec des représentants ou des lobbyistes de pays tiers. Au-delà du seul Parlement, un renforcement du code d’éthique et de lobbying des institutions européennes s’avère vital pour une Union dont les soubresauts du monde soulignent à la fois les fragilités et l’importance.

Doha n’est pas le seul pays à mener un tel lobbying. Régulièrement, les échos se font de la pression de plusieurs pays, sensibles aux prises de position du Parlement européen. Les pressions de la Chine et la Russie, utilisant toutes les méthodes, y compris l’espionnage et l’entrisme, ont été bien décrites récemment. Mais même des pays dit « amis », comme les États-Unis font entendre puissamment leurs voix, convoquant presque les eurodéputés, en cas de mise en danger de ce qu’ils considèrent leurs intérêts

Ce 7 décembre 2022 devant le Parlement européen s’est tenueune manifestation contre la mainmise du droit à l’eau et de l’eau en tant que bien commun public mondial essentiel pour la vie par la finance globale prédatrice. Encore aujourd’hui une personne sur trois ne connaît pas ce que c’est l’eau potable et 3,6 milliards ne disposent pas de services hygiéniques.

Le Parlement européen a adopté par 494 voix pour, 58 contre et 44 abstentions une résolution qualifiant la Russie d’« État promoteur du terrorisme » ; les États sont plus réticents à s’engager sur cette voie car ils ne veulent pas se lier les mains. Pour autant, cette posture morale n’est pas facile à traduire en actes diplomatiques par les États.

Choisir pour diriger le Parlement des Vingt-Sept une femme qui assume son opposition au droit à l’avortement, quatre décennies après Simone Veil et au moment où les femmes polonaises mènent un combat acharné contre les mesures prises par le gouvernement conservateur à Varsovie, qui aboutissent à les priver de l’accès à l’IVG, est en parfaite contradiction avec les objectifs humanistes et éclairés de l’UE.