Depuis le début de l’actuelle pandémie, chacun peut constater que la science et la médecine ont de moins en moins la cote auprès d’un certain public. Si nombreux sont les citoyens qui se réjouissent de l’arrivée de vaccins contre le Sars-Cov2, qui respectent les recommandations des épidémiologistes et qui suivent l’avancée spectaculaire des connaissances médicales, il en est qui rejettent en bloc la science, la médecine moderne et les médicaments qu’elles nous proposent.

La pénurie actuelle de vaccins est artificielle et évitable. Elle résulte du fait que nous avons laissé le contrôle de la disponibilité des vaccins à une poignée de fabricants commerciaux, alors que la plupart des efforts de recherche et de développement (R&D) ont été financés par des gouvernements, donc par nous tous, y compris des années de recherches préalables des centres de recherches publiques et universitaires sur lesquelles le développement rapide des vaccins repose.

C’est peu dire que la pandémie met notre démocratie à rude épreuve. Les attentats l’avaient déjà affaiblie, et le covid vient frapper le même talon d’Achille : l’équilibre fragile entre libertés et sécurité. Tout renforcement de la sécurité se fait au détriment des libertés. Or, si pour certaines, ces atteintes seront limitées dans le temps, nous pouvons redouter que, dans d’autres domaines, les séquelles seront longues, voire irréversibles.

L’annonce est historique, et pourrait constituer un moment pivot dans la lutte de l’humanité contre le SARS-CoV-2. L’administration Biden-Harris a annoncé sa volonté de soutenir, devant l’Organisation mondiale du commerce, les nations comme l’Inde ou l’Afrique du Sud réclamant la levée temporaire des brevets sur les vaccins contre le Covid-19.

La dramatisation de la situation sanitaire de l’Inde, l’absence d’empathie avec les Brésiliens et leurs voisins interpelle. Comment comprendre ce double discours de la « Communauté internationale » ? Pourquoi l’Inde a-t-elle bénéficié d’une attention immédiate des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France ? Le Brésil, tout aussi touché et dangereux – il est émetteur de variants transfrontaliers -, n’a mobilisé et ne mobilise positivement aucun gouvernement.

Chacun dans nos replis nationalistes, dans nos pensées locales et souvent étriquées pour résoudre un problème global, nous avons loupé le coche de l’universalité. Alors que la pandémie de Covid-19 met en avant les inégalités sociales, économiques, sanitaires ou ethniques, elle nous force aussi à nous penser comme étant tous et toutes sur le même bateau, comme étant tous et toutes vulnérables