Ces derniers jours, le manque d’essence et de biens de consommation a semé un vent de panique en Angleterre. Des événements qui ne sont pas sans rappeler la période 1978-1979. Récemment, les images de clients de stations-service qui en viennent aux mains devant des pompes à essence prises d’assaut ont fait le tour du monde, invitant à la comparaison de nombreux observateurs avec l’Hiver du mécontentement, dont l’empreinte dans la mémoire collective britannique semble toujours d’actualité.

La tentation d’en faire toujours plus pourrait avoir des effets délétères sur la gestion mondiale de la pandémie. Cette recommandation visant à limiter la dose de rappel à certaines populations à haut risque est entérinée par une tribune parue le 13 septembre dernier dans The Lancet et signée par plusieurs grands noms d’experts en épidémiologie et santé publique, souvent proches ou membres de l’Organisation mondiale de la santé. Pour eux, les données disponibles à ce jour ne plaident pas pour la nécessité d’une troisième dose en population générale de moins de 65 ans. En effet, les vaccins offrent une protection qui n’a pas varié contre les formes graves chez les personnes jeunes et en bonne santé, l’administration d’un booster n’est alors pas justifiée dans ces cas.

Le monde est à la croisée des chemins de la pandémie de COVID-19. Les pays qui ont manqué le premier rendez-vous de couverture vaccinale sont extrêmement vulnérables au variant Delta à très forte contagiosité. Ils sont également des foyers pour les nouveaux variants qui risquent de se répandre dans le monde entier. Les gouvernements des pays producteurs de vaccins (États-Unis, pays membres de l’Union européenne, Royaume-Uni, Inde, Russie, Chine), doivent coopérer sous la direction des États-Unis afin d’assurer un approvisionnement suffisant en doses de vaccin à destination des pays les plus pauvres.

Sur un plan théorique, la moins mauvaise, (solution) c’est l’obligation vaccinale. C’est évident, on identifie un intérêt général vital pour la société, on le lie à une obligation. Mais cette conception d’un intérêt général ou supérieur qui favorise la sphère publique, se heurte à la montée en puissance de la sphère privée, celle des droits de l’individu. Plus grand-chose n’est encore supérieur aux droits des individus, en particulier le droit de disposer librement de son corps, et donc le droit de refuser un vaccin.

Aux États-Unis, le ralentissement de la campagne vaccinale implique par exemple que les États disposent, dans leurs frigos, de dizaines de millions de doses inutilisées, et dont une partie pourrait purement et simplement finir à la poubelle.
Pour s’assurer une fourniture la plus rapide possible et appuyer financièrement le travail des laboratoires, la Grande-Bretagne, comme les États-Unis ou l’Union européenne, ont passé des commandes massives de vaccins avant même qu’ils ne soient prêts. Les chiffres donnent le tournis: le Royaume-Uni devrait recevoir au total 467 millions de doses en 2021.

Le don annoncé au G7 d’un milliard de doses d’ici à la mi-2022 ne fait pas du vaccin un « bien public mondial ». Il manque encore aux pays riches une vraie stratégie, unitaire et cohérente, pour un accès équitable aux vaccins anti-Covid. S’il est une mission que ce G7 devrait s’assigner, c’est bien de se donner l’ambition et les moyens de débarrasser la planète de cette pandémie dévastatrice, grâce à une distribution et une production équitables du vaccin.

Il y a un siècle, une pandémie de grippe a tué plus de gens que la Première Guerre mondiale. De nos jours, la pandémie de COVID-19 tue davantage d’Américains que toutes les guerres américaines depuis 1945. Mais il y a toutefois une grande différence : c’est que la science n’avait pas de vaccin contre le virus de la grippe à l’époque, alors qu’à présent plusieurs entreprises et pays produisent des vaccins contre la COVID-19. les États-Unis doivent devenir le fer de lance d’un groupe de pays riches dans un plan de vaccination du reste du monde dès aujourd’hui, avant même de mener à bien leur travail sur le plan national.

Les difficultés s’accumulent sur plusieurs fronts: la campagne de vaccination ralentit, les négociations avec le Congrès s’enlisent et les dossiers internationaux s’accumulent. La Chine reste le défi central de la politique étrangère de l’administration Biden: «C’est le plus important test géopolitique de ce siècle», selon le secrétaire d’État Antony Blinken. Pour parvenir à contenir la montée en puissance de l’empire du Milieu, le président démocrate compte sur ses partenaires européens.

Cette affaire touche à l’essence même de la politique Bruxelloise, cette idée que Bruxelles est mal servie dans le fédéralisme. Que Bruxelles est traitée de manière « utilitariste » par les autres sans penser à ses habitants. L’essence bruxelloise précède son existence, puisque c’est ce sentiment de manque de reconnaissance qui est à l’origine de la création de la Région (c’est au fond aussi le cas des deux autres). Aujourd’hui ce sentiment est toujours très présent. Bruxelles estime ne pas être traitée à l’égal des autres Régions, que Bruxelles est une sous-région.
C’est existentiel, mais c’est aussi actuel.