Dans son nouveau livre, l’historien des idées Jan-Werner Müller défend un « libéralisme d’en bas » s’appuyant sur l’État pour protéger les plus fragiles. Avec La peur ou la liberté, quelle politique face au populisme ? (Premier Parrallèle, 2020), il s’interroge sur les impasses d’un libéralisme uniformisé, dénaturé, oublieux de son sens originel : garantir les libertés individuelles.

le journaliste indépendant Christophe Le Boucher brosse le portrait d’une Amérique à la démocratie plus que vacillante… Selon lui, les aspirations profondes des citoyens américains, bien qu’empreintes de justice sociale et écologique, demeurent prisonnières de l’emprise des médias conservateurs et d’un système favorisant outrancièrement les Républicains. Pourquoi ? Entretien.

Après avoir évité de justesse l’effondrement économique, en 2008, une première fois, puis en 2020, lorsque la crise du coronavirus a presque provoqué la ruine du système financier, le monde fait face aujourd’hui à un avenir plus risqué, incertain et trouble que jamais, confronté de surcroît à la détérioration du climat. Le choix des dirigeants de la planète est simple : continuer à soutenir un système économique dont l’échec est patent ou bien abandonner le consensus de Washington pour un nouveau contrat social international.

Les excités de cette «révolution monétaire» s’y réfugient soit par méfiance vis-à-vis de leur Etat, soit par perte de confiance en leur monnaie dont ils estiment qu’elles ne vaudra plus grand-chose demain du fait de l’activisme des banques centrales. Soit pour les deux raisons, qui sont hélas un peu confuses dans des esprits n’ayant en général aucune culture historique, prompts à échafauder et à privilégier les scénarios les moins vraisemblables.