Le Parlement européen a adopté par 494 voix pour, 58 contre et 44 abstentions une résolution qualifiant la Russie d’« État promoteur du terrorisme » ; les États sont plus réticents à s’engager sur cette voie car ils ne veulent pas se lier les mains. Pour autant, cette posture morale n’est pas facile à traduire en actes diplomatiques par les États.

Qui parle de négociations ? Le Président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a accès aux deux parties. La Turquie a appelé à un cessez-le-feu immédiat, et Erdogan propose d’organiser une rencontre entre le président russe et son homologue ukrainien Volodymyr Zelenski. Face aux bombardements massifs des villes ça pourrait sembler une proposition de bon sens.

De quoi Elon Musk est-il le nom ? Pas un jour sans que le milliardaire américain, patron des voitures Tesla et du lanceur Space X, ne fasse parler de lui. Excentrique et avide de publicité, il l’est assurément ; mais il faut aussi le prendre au sérieux, car il incarne une évolution significative, l’irruption du privé dans des domaines inhabituels. En proposant un plan de paix pour l’Ukraine, Elon Musk s’est attiré les foudres des dirigeants ukrainiens qui n’ont pas apprécié ; une « privatisation » de la diplomatie aux aspects inquiétants.

En réitérant son appel à « ne pas humilier la Russie », Emmanuel Macron a déclenché une nouvelle vague de critiques et d’incompréhension au moment où la France entend jouer les médiateurs dans le conflit ukrainien. Pour le diplomate américain Daniel Fried, Emmanuel Macron se place dans une « diplomatie de bonne foi ». « Mais le Kremlin est dans une logique de violence », loin des « gestes de bonne volonté ».

Le plus grand conflit européen depuis la Seconde Guerre mondiale est devenu une lutte sans merci. La Russie pulvérise les villes ukrainiennes à coups de missiles et d’artillerie; l’Ukraine écrase les chars et les lignes de ravitaillement russes avec des armes plus petites et des drones. Il y a probablement des dizaines de milliers de morts dans les deux camps. Mais ça ne veut absolument pas dire que les combats sont près de s’arrêter. Bien au contraire, les décombres et les effusions de sang vont sans doute se multiplier au cours des jours et les semaines qui viennent.

S’il est un pays qui pourrait être capable de peser sur la Russie pour qu’elle arrête son offensive en Ukraine, c’est la Chine. Mais Pékin évite de mettre le poids de sa puissance économique dans une tentative d’arbitrage entre Moscou et Kiev. Les relations diplomatiques et économiques sino-russes ont été renforcées début février lors du voyage de Vladimir Poutine à Pékin. Ceci alors que les échanges commerciaux sino-ukrainiens s’étaient considérablement renforcés depuis une dizaine d’années. Pour des raisons diplomatiques et économiques, Pékin se place plus que jamais en observateur neutre, loin du soutien auquel Moscou pouvait s’attendre il y a encore quelques semaines.

Les négociations se poursuivent entre l’Ukraine et la Russie. Le président ukrainien accepte d’évoquer le Donbass et la Crimée mais rejette les exigences de Poutine.Il n’insiste plus sur l’adhésion à l’Otan. Le seul accord jusqu’ici porte sur l’ouverture de couloirs humanitaires. Pour Cyrille Bret enseignant à Sciences Po, la Russie instaure un troc entre les vies humaines et la soumission

Les présidents Joe Biden et Vladimir Poutine évoquent la possibilité d’une solution diplomatique, qui donnerait à Poutine un moyen de sortir de la crise qu’il a créée tout en sauvant la face. La question est de savoir s’ils peuvent et s’ils veulent concevoir un accord mutuellement acceptable, compte tenu de la densité de l’enchevêtrement des intérêts conflictuels derrière ce conflit. Il y a bien un moyen de le désamorcer d’un coup: Biden pourrait s’inspirer de John F. Kennedy et proposer un accord secret à Poutine.