Un pays de 2,2 millions d’habitants, dont 90% de la main d’œuvre est importée. Sur leur propre territoire, les Qataris ne sont que la quatrième nationalité représentée, derrière les Indiens, les Bangladais et les Népalais. Depuis l’attribution du Mondial, la popula « Si les travailleurs migrants partaient tous brutalement du pays, l’économie qatarie s’effondrerait dans la minute. »tion du pays a plus que doublé.

Quatre-vingt-douze migrants ont été retrouvés nus, et pour certains blessés, le vendredi 14 octobre, après avoir été forcés à traverser la rivière Évros depuis la Turquie vers la Grèce. Les autorités grecques ont déclaré dimanche que ces hommes avaient été transportés au-delà de la frontière par trois véhicules de l’armée turque, et qu’ils avaient immédiatement reçu des vêtements, de la nourriture et les premiers soins.

Ce rapport évoque les risques auxquels ces individus s’exposent lorsqu’ils apportent leur aide, à savoir des poursuites, voire de la prison.
Je veux dire aux gouvernements de mettre fin au harcèlement de celles et ceux qui aident les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile et de cesser de criminaliser leur travail.

La politique d’accueil qui différencie les réfugiés ukrainiens et les personnes originaires d’autres continents n’est pas acceptable. Des êtres humains ne peuvent être « invisibilisés » .Ces personnes – migrant.es, sans-papiers, demandeurs de protection internationale, adultes, familles, enfants – n’existent tout simplement pas. Elles n’ont droit à rien, au mépris de tout. Elles sont invisibles. Invisibles en tant qu’individus, mais omniprésentes en tant que « problèmes » à régler.

L’ONU a mis en garde lundi contre la « normalisation » du refoulement illégal de réfugiés aux frontières de l’Europe et dénoncé les violences et les violations des droits humains qui font des morts.
« Ce qui se produit aux frontières de l’Europe est inacceptable légalement et moralement et doit cesser », écrit le Haut Commissaire aux réfugiés, Filippo Grandi, à l’adresse des autorités sur ce continent, ajoutant craindre que « ces pratiques déplorables ne se normalisent et ne deviennent la règle ».

Un soleil levant rougeoie à l’horizon depuis à peine une heure dans le petit aéroport de l’île de Lampedusa, située entre la Tunisie et la Sicile. Les trois membres de l’équipage du Seabird, l’avion de l’organisation allemande Sea-Watch piloté par l’ONG suisse Humanitarian Pilote Initiative (HPI), s’engagent sur les pistes. Le tarmac est quasi désert, à l’exception de l’hélicoptère noir et jaune de Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et garde-côtes créée en 2004 pour protéger les frontières extérieures de l’espace Schengen.

L’offensive réactionnaire affecte nos représentations de l’autre, sa propre humanité – et la nôtre. Les vagues successives d’émigration qui viennent s’écraser sur les frontières européennes et la déshumanisation de la figure du migrant sonnent comme autant d’interpellations existentielles : Nous Européens, qui sommes-nous ? Que sommes-nous devenus ?

Sous le choc du drame de mercredi, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a accusé la France de « ne pas faire assez » d’efforts pour empêcher les migrants d’atteindre ses côtes. « La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière », a proclamé le président Emmanuel Macron. Comme tous leurs prédécesseurs, ils rivalisent de fermeté dans la lutte contre les gangs de passeurs et la protection de la frontière.