Face à l’invasion russe, l’administration Biden confirme les grandes lignes de sa politique étrangère en une illustration de la redéfinition démocrate de la politique étrangère : répondre aux crises par la voie diplomatique, économique et multilatérale plutôt que par l’usage de la force militaire, même si la dimension militaire est bien présente à travers l’aide apportée par les États-Unis à l’Ukraine.

La première impression d’ensemble est sans doute une certaine déception sur la politique étrangère, qui devait être une force de cette nouvelle administration démocrate : un président avec un demi-siècle d’expérience internationale, au Congrès pendant quatre décennies puis à la vice-présidence pendant 8 ans ; une équipe compétente, et qui avait fait son travail sur la crise de la politique étrangère américaine. la politique étrangère de sa première année confirme certaines continuités sur deux voire trois administrations, et illustre les effets de la polarisation sur la politique étrangère américaine.

Joe Biden est donc arrivé à Glasgow les mains vides. Le Président américain espérait rétablir la crédibilité américaine sur le climat à l’occasion de la COP26, et avait même retardé son départ de Washington pour d’ultimes tractations avec les deux camps du parti démocrate, expliquant que l’avenir de sa présidence et du parti étaient en jeu. Il a ainsi évoqué le reste du monde « qui se demande si notre gouvernement est capable de fonctionner », allant même jusqu’à insister : « ceci n’est pas une blague ». Pourtant, non sans une impression de déjà-vu, cette diplomatie présidentielle intensive n’a pas su venir à bout des divisions démocrates à temps pour la COP26.

C’est désormais une tradition de fin d’année aux États-Unis : le rituel de crise auto-infligée par la polarisation politique américaine. Menace de fermeture du gouvernement faute de budget, menace de défaut sur la dette faute de relèvement du plafond, règlement provisoire occupant un temps précieux au Congrès ne faisant que repousser la crise, l’ensemble portant atteinte de manière récurrente à la gouvernabilité et la compétence des États-Unis.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont traumatisé les États-Unis, qui ont réagi guidés par la peur et l’hubris. Cette réaction a provoqué l’avènement du moment néoconservateur en politique étrangère, mais la réponse politique et militaire aux attentats a aussi profondément transformé le système partisan et la société américaine. Bilan de ces 20 ans qui commencent et finissent en Afghanistan.

Première crise de politique étrangère pour le Président Biden, la guerre de 11 jours entre Israël et le Hamas a remis le Moyen-Orient au cœur de l’agenda politique à Washington, sur un sujet qui unit les Républicains mais divise les Démocrates. Sur le plan politique intérieur américain, la séquence a été intéressante pour ce qu’elle a révélé de l’évolution du parti démocrate, de son électorat et de l’opinion américaine sur ce dossier, mais aussi de la méthode Biden et des tensions au cœur d’une politique étrangère démocrate encore en gestation…

Biden a dévoilé le son plan pour « reconstruire en mieux », un véritable « New Deal » d’ampleur historique. On y retrouve son ambition de mettre en œuvre une nouvelle synthèse démocrate en accord avec l’évolution de son parti, mais aussi la volonté de répondre au trumpisme, et de « réformer le capitalisme » pour « prouver que la démocratie marche mieux que les modèles autoritaires