Tout indique donc que, dans les années qui viennent, les États-Unis évolueront vers un État que l’on ne pourra plus qualifier de démocratique, parce qu’un nombre grandissant d’électeurs seront empêchés de voter, et que dans certains États les « grands électeurs » qui devront certifier la victoire du président élu ne refléteront plus les votes exprimés dans leur État.

Un chroniqueur du New York Times observait récemment que la politique américaine pourrait être « au milieu d’un changement radical par rapport aux règles et traditions démocratiques qui ont guidé le pays pendant très longtemps. Pour citer la célèbre observation de Winston Churchill en 1942 (bien que dans un sens diamétralement opposé à son affirmation prudemment optimiste), « Ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le début de la fin. Mais c’est, peut-être, la fin du commencement. »

Une loi électorale controversée vient d’être adoptée en Géorgie. Les débats qui l’entourent reflètent le combat acharné que se livrent les deux grands partis pour peser sur les procédures de vote. Le texte a provoqué un tollé. Il y aurait plus de 360 projets de loi similaires, parfois plus radicaux, dans 47 États, projets particulièrement bien avancés au Texas, en Arizona ou dans le Michigan.