Berlusconi : « J’ai un peu renoué le contact avec le président Poutine, un peu beaucoup, dans le sens où pour mon anniversaire, Poutine m’a envoyé vingt bouteilles de vodka et une très gentille lettre. J’ai répondu en lui envoyant des bouteilles de Lambrusco et une très gentille lettre. Il m’a dit que j’étais le premier de ses cinq vrais amis »

La formation du gouvernement indiquera déjà la part de l’héritage fasciste que Meloni compte imposer. Tous les observateurs s’accordent à penser que si sur le plan économique, elle restera dans la ligne libérale tracée par Draghi. Par contre, sur le plan sociétal (“Dieu, Famille, Patrie”) pour les droits de femmes, des immigrés, des lgbt, notamment, les risques sont grands.

Tout se passe comme prévu. Les élections générales attestent d’un glissement vers la droite. Les prévisions des sondages sont vérifiées par le vote, notamment dans les résultats des coalitions. La gauche désunie perd, le Mouvement 5 étoiles avec sa plateforme sociale récupère des voix (15 %), la coalition de centre-droit obtient la majorité absolue dans les deux chambres et gouvernera.

Le fascisme n’a sans doute jamais vraiment quitté l’horizon politique italien. Dès 1946, des dignitaires de la République de Salo[4] ont créé le MSI (Mouvement Social Italien) d’où est issue Meloni. À la fin du XXe siècle, un courant historique révisionniste a mis sur le même pied fascistes et antifascistes considérés désormais comme des combattants également honorables de la guerre civile (1943-1945). Et en 1994, Berlusconi avait intégré des ministres du MSI dans son gouvernement. La banalisation était déjà en cours.

Les trois partis de la coalition droite-extrême droite en Italie sont divisés sur la guerre en Ukraine et les relations avec la Russie. Giorgia Meloni, la possible première ministre, est atlantiste quand ses alliés sont pro-Poutine. Si les électeurs italiens donnent bien la victoire dimanche à un parti héritier du fascisme, ce sera un électrochoc politique majeur, et pas seulement pour l’Italie.