Le régime semble être aux abois et il ne répond à la contestation qu’en durcissant la répression. Jusqu’où ira-t-il ? Car pour le moment, cette répression n’a pas été suffisante pour faire taire les opposants. Si les manifestants se font moins entendre, ils n’ont pas cédé et sont au contraire de plus en plus colère contre les autorités, et le régime se sent toujours menacé.

La Belgique doit-elle tout faire pour libérer Olivier Vandecasteele, condamné en Iran à 40 ans de prison et 74 coups de fouet ? La pression des proches du travailleur humanitaire place l’Etat Belge face à un dilemme majeur: le droit à la vie d’Olivier Vandecasteele face au droit à la vie des victimes du terrorisme. Il y a deux dilemmes dans cette affaire. D’abord, le dilemme entre le respect de deux principes fondateurs. Le respect de l’Etat de droit, et le respect du droit à la vie d’Olivier Vandecastele.

Je pense que sa nature et sa constitution ne permettent aucune réforme. Le guide suprême est désigné par Dieu. Quand Ayatollah Khomeini est arrivé au pouvoir Il avait clairement mis en garde ceux qui voulaient défier son autorité divine. S’opposer à lui était, avait-il affirmé, s’opposer à Dieu Une autorité qui émane de Dieu ne se soumet pas à la volonté du peuple.

Pourquoi de tels événements tragiques mettent en branle de vastes pans des sociétés concernées reste impossible à savoir. Sauf à considérer que, comme dans tout processus de contestation sociale d’ampleur, l’ensemble des contradictions se conjuguent, s’accumulent et se cristallisent à un moment précis dans un puissant mouvement de contestation politique. Tel est le cas dans la République islamique d’Iran en ce moment.

L’annonce très ambiguë de la suppression de la police des mœurs, responsable de la mort de Mahsa Amini, semble trahir le désarroi du régime, face à une colère populaire qu’il a été incapable d’anticiper. Le slogan auquel s’identifient les protestataires et qui a débordé au-delà des frontières de l’Iran, « Femmes, vie, liberté », est le reflet d’une exigence de changements structurels, considérés jusqu’à présent comme incompatibles avec les fondements de la République islamique.

La production d’uranium enrichi à 60% voire à 90% pourrait accélérer les envies d’une intervention plus musclée encore. Rien n’indique néanmoins que l’annonce des exercices communs à l’US Air Force et aux forces aériennes israéliennes ne soit pas un simple (mais gros) coup de bluff: en soi, ce type de menace est déjà le début d’une opération.

En un peu plus de deux mois, deux mouvements de masse spontanés sont venus bousculer deux régimes totalitaires. La Chine et l’Iran sont deux pays très différents, au-delà de l’autoritarisme, et pourtant il y a de nombreux points communs dans ces deux soulèvements. Entre l’Iran et la Chine, deux pays très différents, il faut comparer les mouvements spontanés en cours pour comprendre comment naissent les révolutions quand il n’y a aucun espace politique. Dans les deux cas, les jeunes sont en première ligne.

Depuis trente-trois ans, Ali Khamenei impose sa toute-puissance aux gouvernements fantoches qui se succèdent. Le pragmatique président Rafsandjani ouvre les portes du grand commerce aux gardiens de la révolution ; et Khamenei, commandant en chef des armées, place ses plus fidèles généraux à la tête de la base militaire Khatam al-Anbiya, qui devient le siège du plus puissant trust industriel et financier du pays.

Cette révolte c’est l’étouffement politique : un ras-le-bol politique et économique auquel il faut ajouter la chape de plomb culturelle et morale qui s’est mise en place depuis 1979. Entre autres, toutes les interdictions pour les jeunes : pas de sorties, pas de fréquentation, la ségrégation au travail, le voile pour les femmes. Les explications de Firouzeh Nahavandy, professeure à l’ULB