En Espagne, le gouvernement de Castille prévoit d’obliger les médecins à proposer aux femmes, avant un avortement, d’écouter les battements de coeur du fœtus. Une mesure dénoncée par la plateforme Abortion Right. « Combien d’autres exemples faudra-t-il dénoncer avant que nos gouvernements réalisent qu’il est plus que temps de protéger ce droit à la santé ? La stratégie mise en œuvre par les mouvements intégristes et conservateurs est globale et s’exerce sur l’ensemble de la planète. »

L’État de droit est menacé par des forces politiques populistes. Dans différents pays, une véritable guérilla est déclenchée contre le pouvoir judiciaire. Au cœur de cette bataille : le juge constitutionnel. Le plus récent épisode de la guérilla contre le pouvoir judiciaire se déroule en Israël. Sous la pression des religieux, Benjamin Netanyahu se fait un plaisir d’utiliser sa majorité d’occasion pour museler la Cour Suprême.

Depuis des années, le gouvernement de Viktor Orbán est aux prises avec les institutions européennes à Bruxelles. La patience de l’UE est mise à l’épreuve mais osera-t-elle restreindre l’accès de la Hongrie aux fonds européens dans le contexte de la guerre en Ukraine ? Pour le Parlement européen, la Hongrie n’est plus une véritable démocratie.

Viktor Orbán vise un quatrième mandat d’affilée aux élections législatives du 3 avril, et il ne faudrait pas que sa proximité avec le Kremlin se retourne contre lui au dernier moment. Grâce à son tout-puissant empire médiatique, il a donc réussi à tourner la guerre en Ukraine à son avantage, ce qui devrait assurer sa réélectiondimanche prochain, même si la question de sa majorité des deux tiers au parlement reste en suspens.

Comment voter sereinement lorsqu’une guerre majeure se déroule à vos portes ? Comment voter sereinement, surtout, lorsque le parti au pouvoir contrôle les principaux médias et matraque un message clivant qui fait apparaître ses opposants comme partisans de la guerre ? Les élections législatives de dimanche en Hongrie se déroulent à l’ombre de la guerre d’Ukraine, et les sondages donnent le parti du premier ministre favori, malgré sa proximité avec Vladimir Poutine.

La Cour de justice de l’Union européenne a validé ce matin le mécanisme dit de conditionnalité. Ce dernier prévoit que, si un Etat membre viole l’état de droit, il peut se voir privé de paiements et programmes du budget européen. Négocié en décembre 2020, ce nouveau dispositif a vu sa légalité contestée par la Hongrie et la Pologne. Lesquelles ont été déboutées mercredi matin.

En 2016, la brillante historienne Margaret Macmillan affirmait que l’Europe résisterait au populisme. « Le respect de la règle de droit surmontera toute chance d’un retour à l’époque de Weimar. » À l’époque, j’avais souligné qu’il existait déjà « de multiples signes qui indiquent précisément le contraire » (La dislocation montante du droit européen. Cinq ans après, chacun peut mieux apprécier où résidait l’analyse correcte.

Une crise de la liberté universitaire prend des proportions très préoccupantes en Europe. En général, lorsque l’on s’en prend à la liberté universitaire en Occident, les gens pensent qu’il s’agit d’un problème marginal, d’une sorte d’exception qui se limiterait à des pays comme la Hongrie, en proie à un autoritarisme de plus en plus flagrant. Mais à vrai dire, ce problème est bien plus répandu que les Européens et les Américains veulent bien l’entendre.