L’historien français Alexandre Adler a vu dans l’invasion russe en Ukraine « la tragédie d’un homme qui est en train de se suicider politiquement. Poutine se pense beaucoup plus fort qu’il n’est et il est dans une espèce de rage impuissante qui le conduit au pire excès ». Pour le journal russe d’opposition Novaïa Gazeta, « la décision de “démilitariser” l’Ukraine relève du suicide. La guerre est une folie. La Russie ne peut pas gagner ».

Les dirigeants des démocraties du monde ont montré que face à une menace existentielle, les politiques peuvent s’adapter de manière décisive et rapide. Il est temps pour eux d’utiliser avec courage le superpouvoir que la crise ukrainienne les a aidés à se découvrir pour faire face à l’autre grande crise à laquelle est confrontée l’humanité : le crise climatique

C’est finalement une grande partie de son capital politique aux yeux du peuple russe que Poutine est en train de dilapider. Il pouvait dire qu’il était autoritaire et détesté en Occident mais qu’au moins la Russie était respectée et de nouveau grande sur la scène internationale. Elle ne l’est plus. Elle risque d’être encore plus affaiblie.

Il fallait bien sûr tenter de négocier sur les « garanties mutuelles de sécurité », et la France l’a fait — avec une liberté que n’a pas l’Allemagne, qui a choisi la dépendance énergétique envers la Russie —, mais il faut le faire en gardant à l’esprit que les « inquiétudes russes » sont un énorme mensonge. Ce qui inquiète la Russie ce n’est pas l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, c’est la poursuite du développement démocratique de l’Ukraine.

Le Premier ministre éthiopien, au pays désormais dévasté par la guerre, n’est que le dernier des Prix Nobel de la paix qui, une fois lauréats, ont déclenché des conflits meurtriers. En décembre 2019, il est distingué par l’académie d’Oslo pour avoir mis fin au sanglant conflit avec l’Érythrée. Moins d’un an plus tard, il déclenche contre la province rebelle du Tigré une « guerre à huis clos » qui, marquée initialement par des succès gouvernementaux, tourne aujourd’hui à l’avantage des insurgés, désormais maîtres de symboles du pouvoir central.

Toutes les forces d’Otan auront quitté l’Afghanistan le 11 septembre. Les soldats belges seront tous de retour à la mi-juin. Vingt ans de guerre pour quels résultats? « Tous les pays qui font partie du champ de bataille de la guerre perpétuelle – du Pakistan au Liban, de la Somalie au Mali, de l’Asie du Sud à l’Amérique latine – sont des zones de désastre plus grandes qu’il y a 20 ans Aucune organisation (terroriste) n’a été éliminée. En fait, de nouvelles apparaissent constamment, tandis que les autres se dispersent et gagnent d’autres zones du monde