Selon le rapporteur du GIEC François Gemenne, l’objectif de l’Accord de Paris n’est plus atteignable. Le seuil de 1,5°C devrait être dépassé d’ici 2035. « Sur la question du climat, faut-il toujours dire la vérité, quitte à doucher certains espoirs ? Je n’ai pas la réponse définitive, mais je crois qu’il faut être honnête. « 

Le nouveau rapport du Groupe international d’experts sur le climat (Giec) alerte avec force sur les conséquences du dérèglement climatique si rien n’est fait. Le silence des élites inquiète le climatologue français Jean Jouzel « Personne n’arrêtera l’augmentation du niveau de la mer, ni l’acidification des océans. Il faut arrêter d’imaginer que l’on va, sans cesse, dominer la nature, et s’en faire plutôt une alliée. » Entretien

« Votre maison est en feu ». Voilà le surnom plus qu’évocateur donné au dernier rapport du GIEC*, paru le lundi 28 février. Proposé comme titre alternatif par une des autrices au « Changement climatique 2022 : Impacts, adaptation et vulnérabilité », c’est surtout un écho au discours de la jeune militante suédoise Greta Thunberg donné à l’occasion du Forum de Davos en 2019, qui appelait alors les dirigeants du monde entier à limiter à tout prix les impacts du réchauffement climatique pour protéger la biodiversité et les populations.

Deux chercheurs, Doug Koplow et Ronald Steenblik, viennent de publier une йtude dans laquelle on apprend que les pays qui prétendent mettre tout en oeuvre pour réduire les émissions de CO2 subventionnent а hauteur de 1.800 milliards de dollars –soit 2% du PIB mondial– les industries les plus polluantes des secteurs du charbon, du pétrole, du gaz ou encore de l’agriculture.

L’ONU s’inquiète notamment de voir des pays comme la Chine ne pas revoir à la hausse leurs objectifs fixés lors de l’Accord de Paris, ce qui rend l’objectif de +1,5°C inatteignable. Les engagements déposés par les États signataires de l’Accord de Paris mènent le monde vers un réchauffement «catastrophique» de +2,7°C, très loin de l’objectif de 1,5°C espéré pour limiter les retombées destructrices du réchauffement, s’est alarmée l’Onu à six semaines de la COP26.