L’issue des élections législatives du 25 septembre prochain provoquées par la démission du gouvernement Draghi (le 21 juillet dernier) ne fait guère de doutes. La droite et l’extrême — droite[1] devraient l’emporter haut la main. Les sondages (même si l’on s’en méfie) sont unanimes et accordent autour de 45 % des suffrages à la coalition regroupant les Fratelli d’Italia (extrême-droite) de Giorgia Meloni, La Lega de Matteo Salvini et Forza Italia toujours aux mains de l’éternel revenant Silvio Berlusconi.

Inspirés par le mouvement des camionneurs à Ottawa, des « convois de la liberté » cheminent vers Paris et voudraient « bloquer la capitale » pour lutter contre les restrictions sanitaires. Dans toute l’Europe, de tels mouvements se propagent depuis l’année dernière. Selon Paweł Zerka, pour désamorcer l’argument de l’extrême droite selon lequel elle serait la seule à pouvoir défendre la liberté, il faut être capable de montrer que sa définition de la liberté est fragmentaire – et en proposer une autre.

À Ottawa, les camionneurs qui réclament la fin des mesures sanitaires sont appuyés ouvertement par des groupes de droite américains. L’engouement de la droite américaine pour les camionneurs canadiens se traduit en millions de dollars. Le professeur au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta s’étonne de la rapidité avec laquelle le mouvement a été récupéré et appuyé par la droite américaine, et notamment par la famille de l’ex-président Donald Trump.

Selon l’Anti-Defamation League (ADL), ONG anti-raciste amйricaine, entre 2010 et 2020, un peu plus de 75% des personnes tuйes aux Йtats-Unis lors de meurtres commis par des extrйmistes ont йtй victimes de membres de l’extrкme droite, soit 323 morts sur 429. Ici encore, l’idйologie suprйmaciste blanche est mise en cause dans une large majoritй de ces dйcиs avec 248 victimes, soit 58% de l’ensemble а elle seule.