L’heure a sonné le temps de la mise à l’épreuve des structures institutionnelles de l’UE. Bloquée par le véto, en passe de renoncer à la suprématie du droit communautaire sur le droit national, dépourvue d’une véritable monnaie et privée d’une défense autonome, l’UE s’engage aujourd’hui dans la guerre du désendettement interne. L’Europe-marché se meurt. L’Europe de l’Esprit doit prendre le relais.

En 2016, la brillante historienne Margaret Macmillan affirmait que l’Europe résisterait au populisme. « Le respect de la règle de droit surmontera toute chance d’un retour à l’époque de Weimar. » À l’époque, j’avais souligné qu’il existait déjà « de multiples signes qui indiquent précisément le contraire » (La dislocation montante du droit européen. Cinq ans après, chacun peut mieux apprécier où résidait l’analyse correcte.

Le Tribunal constitutionnel polonais a décidé jeudi 7 octobre que certains articles des Traités européens sont incompatibles avec la Constitution nationale et sapent la souveraineté du pays. C’est une décision historique qui pourrait menacer le financement du pays par l’Union européenne, mais surtout son appartenance à l’UE. En Pologne, le tribunal constitutionnel, la plus haute juridiction du pays, s’est prononcé contre la suprématie absolue du droit communautaire européen, jeudi 7 octobre. Retour en actes sur une décision qui fait planer l’ombre d’un « Polexit », à l’image du Brexit britannique.

Au-delà des sensibilités françaises, la nouvelle alliance anglo-saxonne créée pour faire face à la Chine pose des questions existentielles à l’Europe. C’est surtout un coup dur révélateur des risques auxquels s’exposent les puissances qui jouent au-dessus de leurs capacités. Au-delà de cette mauvaise manière faite à un pays qui, jusqu’à nouvel ordre, est un allié, trois leçons peuvent déjà être dégagées de la naissance de l’Aukus, sigle donné à ce nouveau pacte de sécurité sur la base de l’acronyme Australia-United Kingdom-United States.e

L’épisode afghan remet tout en question, ou plus précisément nous conduit à nous poser de nouvelles questions. Un message est, sinon certain, du moins très probable. En laissant de côté la brutalité trumpienne et de la gestion brouillonne de la nouvelle administration, nous sommes face à une volonté de désengagement dont les origines, bien avant Trump, remontent à Obama.

La dépendance croissante du secteur des médias à l’égard des recettes tirées de la publicité numérique a eu pour effet de remettre le destin et l’orientation du journalisme aux mains des deux principales entreprises qui dominent ce marché, Google et Facebook. En effet, ces géants de la technologie tirent profit du travail des journalistes en s’appropriant la plus grosse part des recettes, au détriment notamment des petites et moyennes entreprises de presse.