Après avoir fait un énorme pas en arrière sur le droit à l’avortement aux Etats-Unis, la Cour suprême pourrait prendre d’autres décisions ultra-conservatrices. Droits des Afro-Américains ou des couples homosexuels. Discriminations, droit électoral, immigration… plusieurs dossiers explosifs sont au menu de la haute juridiction qui fait sa rentrée

« Ce retour des blocs était en gestation depuis déjà quelque temps, conséquence de la politique toujours plus agressive de dirigeants autoritaires décidés à remettre en cause l’actuel statu quo comme Poutine à Moscou ou Xi Jinping à Pékin. Mais si la première guerre froide opposait les Etats-Unis à une URSS forte et une Chine faible, Joe Biden doit faire face à la fois à une Chine très forte et une Russie très agressive », note Michel Duclos, de l’Institut Montaigne.

Convaincus que la suppression du droit fédéral à l’avortement, la baisse du prix de l’essence et plusieurs avancées législatives vont mobiliser les électeurs en faveur des démocrates lors des élections de novembre, certains observateurs en sont arrivés à annoncer la fin du trumpisme et le reflux de la révolution ultra conservatrice débutée à la fin des années quatre-vingt-dix. Rien que ça !

Alors que Donald Trump est dans la tourmente suite à la découverte de documents classés « top secret » dans sa résidence floridienne de Mar-A-Lago, un rapport publié par la société Newsguard, qui suit et alerte sur la mésinformation en ligne, met en lumière le soutien de l’ex-président au mouvement complotiste QAnon sur Truth Social, le réseau social dont il a initié la création en janvier 2022.

Peiter “Mudge” Zatko, l’ancien directeur de la cybersécurité de la plateforme et l’un des experts les plus reconnus en la matière, a transmis une plainte cinglante aux autorités américaines : des lacunes de sécurité “extrêmes et flagrantes” sur la plateforme risquaient de fragiliser la vie privée de ses utilisateurs, la sécurité nationale et la démocratie.

Charlatan depuis toujours, bidonneur éternel, propagateur de fake news au kilomètre,Trump a inventé un nouveau style de règne : la trumperie. Jonathan Lemire, « White House bureau chief » du site Politico (peu favorable aux Démocrates), a suivi le président depuis ses débuts en politique. Dans « The Big Lie », son premier livre (en librairie depuis le 26 juillet), il raconte, un peu ébahi, les contes et les colères dont il a été témoin, qui l’ont laissé pantois.

Ce plan, le plus gros investissement jamais adopté aux Etats-Unis dans la lutte contre le changement climatique, vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici à 2030. Il prévoit aussi la baisse du prix des médicaments et l’adoption d’un impôt minimal pour les grandes entreprises. Une victoire politique pour les démocrates à l’approche des élections de mi-mandat.

Le débat sur le droit à l’avortement illustre bien la complexité de la situation d’un pays partagé entre un courant conservateur minoritaire mais de plus en plus agressif et un libéralisme politique majoritaire mais profondément divisé. Au
cours des vingt dernières années et en dépit de campagnes électorales clivantes sur ce sujet de société, l’opinion publique américaine a peu varié et se résume à un soutien réservé au droit à l’avortement qualifié de pro choice contre les adversaires de ce droit, les pro life.