Cela montre sans doute qu’il ne fallait pas aider toutes les entreprises par des réductions de charges généralisées. Car la situation est contrastée. C’est dans l’industrie que se concentrent ces augmentations de marges. Or au sein du secteur industriel figurent les entreprises de l’énergie qui tirent ces marges vers le haut. Mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

Que faire quand l’État ne peut pas, ou ne veut pas, prendre en charge le contrôle? Laisser le marché s’autoréguler. Avec les risques que cela implique.“Ce mouvement de “privatisation” de la norme et de sa sanction correspond à un reflux volontaire de l’État. Il n’a plus la volonté, parce qu’il est acquis au postulat libéral de la plus grande efficacité du marché, ou plus grave, les moyens d’intervenir dans la régulation des activités économiques”.

L’« ubérisation » du travail, et plus largement la « plateformisation » de l’économie, colonise progressivement des pans entiers de notre existence, de manière dissimulée mais certaine : repas, transports, rendez-vous médicaux, ménage… et même l’Etat. Tout serait plateformisable, « accessible en 2 clics ».C’est le travail mort à la place du travail vivant, privilégiant le client au citoyen, au bénéfice d’une société progressivement déshumanisée.

Comment justifier que les connaissances et produits d’une recherche scientifique largement financée sur fonds publics soient aujourd’hui majoritairement brevetés et les gains privatisés ? En théorie, les chercheurs travaillant au sein des universités disposent toujours de leur liberté académique. Toutefois, en pratique, face aux nouvelles normes imposées via le financement de la recherche, refuser de « breveter le Soleil » s’apparente à un suicide professionnel.