Cela montre sans doute qu’il ne fallait pas aider toutes les entreprises par des réductions de charges généralisées. Car la situation est contrastée. C’est dans l’industrie que se concentrent ces augmentations de marges. Or au sein du secteur industriel figurent les entreprises de l’énergie qui tirent ces marges vers le haut. Mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

L’heure est à la mobilisation générale. Face à la flambée des prix du gaz et de l’électricité, chacun est prié de s’y mettre : tandis que les particuliers et les entreprises sont appelés à réduire leur consommation d’énergie, les producteurs d’électricité, de gaz et de pétrole sont contraints de mettre la main à la poche. Seul un secteur continue néanmoins de prospérer sans entrave : la finance.

Difficile de concilier ambition en matière de lutte contre le réchauffement climatique et obligations économiques. Dans le cadre de sa “transition juste”, l’UE a multiplié les initiatives, fonds et innovations pour permettre d’atteindre ses objectifs environnementaux sans nuire aux plus précaires. Mais ces belles intentions se heurtent à la réalité économique d’industries, d’emplois et de systèmes mal préparés au changement.

Revoilà le codeco, le comité de concertation pour la rentrée. Comme face au Covid, Alexander de Croo tente le coup de la mobilisation générale face à l’envolée des coûts de l’énergie. Mais le risque de déception est grand. Toute la question est de savoir, si l’envolée du coût de l’énergie aura les mêmes effets que le covid sur les décideurs : une nécessité de transcender le fédéralisme face à un intérêt supérieur.

L’idée est loin d’être neuve : c’est notamment le même principe déjà utilisé en 1989 quand des millions de contribuables britanniques ont refusé de payer la « Poll tax » décidée par la Première ministre Margaret Thatcher. Et cela a marché. Finalement Margaret Thatcher tombe et son successeur John Major abolit la taxe, la remplaçant par un impôt progressif