Crédité d’environ 45 % des intentions de vote au premier tour, il semble difficile que Lula perde l’élection présidentielle d’octobre prochain. Jair Bolsonaro, le président d’extrême droite sortant, malgré ses 34 % dans les sondages, n’est pas encore battu. Une victoire dès le premier tour de l’ancien président de centre-gauche, Luis Inacio Lula da Silva (du Parti des travailleurs, PT), éviterait au pays de se retrouver dans une situation similaire à celle qui est survenue aux États-Unis en 2020, avec une contestation du résultat par Jair Bolsonaro et ses partisans. Mais une telle victoire semble très peu probable.

Lula est donné vainqueur dans les sondages, mais Bolsonaro dénonce par avance la triche, à la manière de Donald Trump. Cette élection à haut risque est un test pour la démocratie brésilienne mais aussi au-delà. L’
histoire récente montre que si les populistes ou antisystèmes expriment une vraie colère, ils ne parviennent pas y apporter de réponses une fois aux affaires. L’alternance démocratique est alors là pour les dégager. A condition que la démocratie soit respectée : dans le climat mondial actuel, ce n’est pas garanti.

Le fascisme n’a sans doute jamais vraiment quitté l’horizon politique italien. Dès 1946, des dignitaires de la République de Salo[4] ont créé le MSI (Mouvement Social Italien) d’où est issue Meloni. À la fin du XXe siècle, un courant historique révisionniste a mis sur le même pied fascistes et antifascistes considérés désormais comme des combattants également honorables de la guerre civile (1943-1945). Et en 1994, Berlusconi avait intégré des ministres du MSI dans son gouvernement. La banalisation était déjà en cours.

Avec 44 % des voix, la coalition de la droite et de l’extrême droite pourrait rafler 70 % des sièges et serait même en mesure de modifier la constitution avec une véritable menace sur les institutions démocratiques traditionnelles. Son programme se décline sur le triptyque « Dieu, Famille, Patrie » avec toutes les atteintes possibles et imaginables sur les principes d’égalité et de solidarité.

Convaincus que la suppression du droit fédéral à l’avortement, la baisse du prix de l’essence et plusieurs avancées législatives vont mobiliser les électeurs en faveur des démocrates lors des élections de novembre, certains observateurs en sont arrivés à annoncer la fin du trumpisme et le reflux de la révolution ultra conservatrice débutée à la fin des années quatre-vingt-dix. Rien que ça !

Terrible constat de François Gemenne : la mobilisation pour le climat est un échec. Il a cru, en 2019, que l’irruption de la génération Greta Thunberg pourrait faire basculer l’opinion publique. Illusion. Les politiques coupables d’inaction ne font querefléter fidèlement la hiérarchie des préoccupations de la population. Un mouvement social, une pression de la base ? Il n’y croit plus.