Depuis la victoire de Donald Trump en 2016 et celle de l’option Brexit, chacun devrait accueillir désormais les surprises électorales avec recul. Pourtant, l’hypothèse Le Pen est souvent balayée d’un revers de main, comme si une marque politique installée depuis cinquante ans et un contexte de crises multiples, ne pouvaient en tout premier lieu être le coeur du réacteur d’un spectaculaire accident électoral. Comme nous l’avons vu, l’humanisation de la candidate, par Zemmour interposé, est un des éléments ouvrant le champ de multiples autres possibilités.

Emmanuel Macron rompt avec ce schéma en se présentant comme étant « en même temps » de droite et de gauche : il ne se conçoit pas comme le porte-parole d’une idéologie ou d’une partie du corps social, mais comme un individu placé au-dessus des appartenances partisanes et qui doit attirer les suffrages par ses qualités personnelles, le volontarisme, la compétence, le pragmatisme… Emmanuel Macron joue résolument du caractère aristocratique de l’élection.

Depuis des mois, la concurrence qui oppose entre elles les candidatures françaises issues de la gauche et de l’écologie politique est une source inépuisable de sarcasmes. Leur défaite aux élections présidentielles serait assurée par leur incapacité à s’unir. Les principaux candidats obnubilés par leur ego n’envisageraient l’unité que sous la forme d’un ralliement. SI elle avait réussi à surmonter ses divisions, la gauche aurait pu envisager d’accéder au second tour. Enfin, c’est ce qu’on entend.