« Tout au long de mes vingt ans de carrière, j’ai toujours entendu un cinglé me parler de la fin du monde. » Le 20 mai dernier, Stuart Kirk, chef mondial de l’investissement responsable à la division de gestion d’actifs d’HSBC, a tenu à rappeler que le changement climatique constituait « une hérésie  ». De quoi mettre sérieusement en doute la bonne foi d’une banque qui se présente pourtant comme la championne européenne de la finance durable.

Faute d’avoir réussi à mettre l’Ukraine à genoux en quelques jours, Vladimir Poutine n’a plus qu’une solution: détruire les villes et massacrer la population civile pour obtenir un cessez-le-feu dans des conditions qui, espère-t-il, pourraient lui être favorables. Non seulement il n’est même pas sûr de gagner ce pari fou, mais il peut être certain que son peuple va payer très cher ces actes de barbarie. Pour Tatiana Kastouéva-Jean, il lui reste «deux facteurs d’incertitude. Le soutien de la société russe et le soutien extérieur, notamment de la Chine et de l’Inde.»

Cette grande faiblesse de l’économie russe est structurelle car l’activité y est contrôlée par quelques conglomérats, concentrés dans peu de régions, qui sont la propriété de l’Etat ou d’une minorité infinitésimale de personnages tous reliés les uns aux autres et dépendants les uns des autres. Dans un tel contexte ravagé, pas du tout productif, alors que même préalablement à la Covid les prix alimentaires avaient flambé de plus de 30% à cause des sanctions et d’un secteur agricole lui aussi déficient, comment la Russie parviendra-t-elle à survivre avec de nouvelles sanctions qui se préparent ?

Les spécialistes de la stratégie géopolitique considèrent le monde comme un jeu à somme nulle. Les États-nations se font concurrence pour gagner en puissance – capacité à influer sur les autres et à poursuivre ouvertement leurs propres intérêts – qui est une notion nécessairement relative. Si un pays gagne en puissance, son adversaire en perd de son côté. Un tel monde est inévitablement conflictuel, les grandes puissances (États-Unis) ou les puissances montantes (Chine) se disputant une domination régionale et mondiale.

Après avoir évité de justesse l’effondrement économique, en 2008, une première fois, puis en 2020, lorsque la crise du coronavirus a presque provoqué la ruine du système financier, le monde fait face aujourd’hui à un avenir plus risqué, incertain et trouble que jamais, confronté de surcroît à la détérioration du climat. Le choix des dirigeants de la planète est simple : continuer à soutenir un système économique dont l’échec est patent ou bien abandonner le consensus de Washington pour un nouveau contrat social international.

La croissance est aveugle en termes de finalité. Qu’elle soit désirée, orientée vers le bien-être, la qualité ou qu’elle soit subie… peu importe. Que l’on construise de nouvelles surfaces de logements de qualité ou que l’on entretienne ou reconstruise un parc dégradé à durée de vie courte, que l’on bâtisse des hôpitaux ou des ronds-points, que l’on investisse dans la transition verte ou dans des armes, que l’on se rue sur les terrasses de café ou dans les centres de test et de vaccination… tout cela est indifférent à court terme. La dépense se mue comptablement en richesse.

Pendant 20 ans, l’immense fortune des Talibans a semé la mort, la destruction et a fait des ravages en Afghanistan. Elles sont complexes, les finances des Talibans, pas du tout monolithiques et structurellement articulées autour du vaste réseau criminel et mafieux opéré par le réseau Haqqani. Leurs revenus se déclinent en taxes prélevées sur leurs sujets, en trafic de narcotiques, en donations internationales, en investissements immobiliers hors des frontières du pays et en extorsions de compagnies étrangères installées dans les zones situées sous leur contrôle. Une certitude, les Talibans sont aujourd’hui bien plus riches et puissants que lors de l’invasion américaine de 2001.