La commission a lancé aujourd’hui, et pour la première fois de son histoire, une procédure contre un Etat pour infraction grave au règlement général de protection des données (RGPD). Et c’est la Belgique qui est visée. C’est le site d’information Politico qui l’ a annoncé. En cause une double plainte anonyme contre l’APD, l’autorité de protection des données. Une autre contre le CSI un organisme chargé de gérer les données de santé.

Le traitement de nos données personnelles est un enjeu clé pour l’avenir de nos régimes démocratiques. Dans des sociétés dominées par des impératifs de gestion, de rapidité et d’efficacité, la volonté de rassembler des données diverses sur les citoyens est une réalité qui se déploie dans un nombre croissant de domaines. Que ce soit en matière de sécurité sociale et de sécurité publique (caméras de surveillance) hier, dans le domaine de la santé aujourd’hui, de la justice et de la sécurité toujours demain, le mouvement est en marche et englobe la totalité des traces électroniques que nous laissons derrière nous.

« Du glissement d’un système démocratique vers une technocratie des données. » Carte blanche co-signée par un collectif de juristes, d’avocats, de responsables du traitement de données, de médecins… Beaucoup de citoyens semblent percevoir qu’il existe un « problème » majeur lié à la manière dont nos données personnelles seraient stockées, partagées et réutilisées par l’Etat. Pourtant, la nature et l’ampleur de ce problème semblent embourbées dans un océan de complexité.

En janvier, l’annonce de ce changement avait scandalisé les utilisateurs, au point de provoquer le départ de certains pour l’application de messagerie concurrente, Signal. Après un précédent report, les nouvelles conditions d’utilisation de WhatsApp sont entrées définitivement en vigueur samedi 15 mai. Elles rappellent notamment que la messagerie partage des informations avec sa maison mère, le réseau social Facebook, et ouvrent la voie à de nouvelles fonctionnalités.

C’est peu dire que la pandémie met notre démocratie à rude épreuve. Les attentats l’avaient déjà affaiblie, et le covid vient frapper le même talon d’Achille : l’équilibre fragile entre libertés et sécurité. Tout renforcement de la sécurité se fait au détriment des libertés. Or, si pour certaines, ces atteintes seront limitées dans le temps, nous pouvons redouter que, dans d’autres domaines, les séquelles seront longues, voire irréversibles.