Que devient la démocratie si une campagne électorale cesse d’être ce moment où la communauté nationale, par le débat public et la controverse, décide collectivement de son destin ? Si elle devient la résultante de stratégies d’investissements publicitaires fondées sur un micro-découpage de l’opinion et des micromanipulations quotidiennes ? Que devient, même, la Nation ? La fragmentation de la communauté nationale en de multiples cibles, l’envoi de messages spécifiques à ces micro-segments, dans le secret et sans contradiction, interdisent une réelle délibération politique, préalable au vote.

La crise sanitaire a accéléré l’individualisation et la surveillance. Dans l’accélération de la surveillance, ce sont nos libertés et notre autonomie qui sont mises à mal. Comment trouver encore un espace où tout ne soit pas déterminé ? Un espace où l’on puisse encore converser, discuter, dialoguer… trouver des moyens pour n’être pas réduit aux cases, seuils et critères rigides des systèmes.

« L’histoire de ces dix dernières années, marquée par une offensive anti-libérale sans précédent de la droite nationaliste et religieuse, montre qu’à plusieurs reprises elle s’est trouvée au bord du gouffre. Pour la première fois dans l’histoire d’Israël, le système des « checks and balances » a été ouvertement contesté, mais les Israéliens ne descendent pas massivement dans la rue pour défendre la démocratie. ». Samy Cohen vient de publier « Israël une démocratie fragile.

Le technopopulisme est issu d’une déconnexion entre la politique et la société : loin de résorber cette séparation, les technopopulistes l’exacerbent, érodant toujours plus les assises de la représentation démocratique. La clef pour sortir de cette impasse est dans la recherche de nouvelles formes d’intermédiation politique.

Nouveau report pour la loi pandémie, le projet de loi doit donner une assise juridique plus solide aux mesures de restriction prises dans le cadre de la crise sanitaire. Le gouvernement voulait voter le texte cette semaine en urgence pour répondre au jugement du tribunal de Bruxelles qui a jugé illégales les mesures actuelles. Il faudra donc attendre. Une petite victoire pour l’opposition qui pose la question fondamentale, celle du rôle du parlement.