Au large des côtes qataries, la compagnie Qatar Energy, épaulée par le géant français Total, prévoit de prolonger l’exploitation du gisement de gaz naturel North Field, considéré comme le plus important au monde. Sauf que cette exploitation constitue « la pire » des 425 «bombes climatiques » recensées aux quatre coins du monde par les scientifiques.

Chaque nouvelle élection disputée aux quatre coins de la planète nous voit imaginer le pire. On tremble pour le Brésil, pour l’Amérique, pour Israël, pour chacun de ces pays qui semblent prêts à se saborder pour mieux nous entraîner dans leur chute. Les résultats connus, on pousse un «ouf» de soulagement, un cri d’indignation, avant de regarder pleins d’angoisse la prochaine échéance.

Le Traité sur la Charte de l’énergie a été signé en 1994, au sortir de la Guerre froide, pour offrir des garanties aux investisseurs dans les pays d’Europe de l’Est et de l’ex-URSS.. Le TCE est surtout décrié pour le pouvoir qu’il donne aux entreprises énergétiques d’attaquer les États devant des tribunaux d’arbitrage privés contre toute mesure mettant en danger leurs futurs profits.

Difficile de concilier ambition en matière de lutte contre le réchauffement climatique et obligations économiques. Dans le cadre de sa “transition juste”, l’UE a multiplié les initiatives, fonds et innovations pour permettre d’atteindre ses objectifs environnementaux sans nuire aux plus précaires. Mais ces belles intentions se heurtent à la réalité économique d’industries, d’emplois et de systèmes mal préparés au changement.

S’il existe un événement capable de résumer à lui tout seul la folie, l’absurdité et l’inconséquence de notre époque, c’est bien la prochaine Coupe du monde de football au Qatar. Le symbole de la corruption, de la gabegie et de l’omniprésence de l’argent qui permet de s’affranchir de toutes règles et d’accoucher d’une manifestation qui, si elle a lieu, représentera l’acmé d’une période où pourvu qu’on possède quelque fortune, on peut tout se permettre.