Face au spectre d’une « guerre sans fin », le retrait progressif d’Afghanistan et d’Irak est présenté comme l’échec voire l’acte de décès du néoconservatisme. Une telle analyse mérite d’être nuancée et relativisée. Si l’interventionnisme au nom de la démocratie et du « nation building » n’est plus au programme international des Etats-Unis, les représentations qui l’ont légitimé perdurent et continuent d’imprégner les discours et imaginaires collectifs

Les attentats du 11 septembre 2001 ont traumatisé les États-Unis, qui ont réagi guidés par la peur et l’hubris. Cette réaction a provoqué l’avènement du moment néoconservateur en politique étrangère, mais la réponse politique et militaire aux attentats a aussi profondément transformé le système partisan et la société américaine. Bilan de ces 20 ans qui commencent et finissent en Afghanistan.