Marie Christine Marghem (MR), qui a déposé une proposition de loi en ce sens, n’a malheureusement pas encore appris le B-A-BA du domaine énergétique, particulièrement du nucléaire, après plus de cinq ans dans cette fonction. Les incantations de plusieurs (présidents de) partis, tant à l’intérieur du gouvernement que dans l’opposition, sont de la même veine.

Faut-il que l’Etat Belge exploite lui-même les réacteurs nucléaires ? C’est la proposition que fait Engie à l’Etat Belge. Participer aux bénéfices, participer aussi aux risques. Si l’on prend le temps de se tourner vers l’histoire, cette proposition flirte entre le gâchis et l’insulte. Aucun intérêt supérieur ne parvenait à mobiliser les acteurs de la particratie belge de la fin des années 80 autour d’un dossier aussi stratégique, c’est ça le pays de singes dont parlait Eyskens en 91. Engie n’a connu que ça, un pays de singes. Les singes ont fait sa fortune. Il est donc normal qu’Engie continue de nous traiter comme des singes.

Bien entendu, sans la guerre en Ukraine, la stratégie énergétique du gouvernement belge aurait été différente. Mais les écologistes tentent désormais de faire croire que la fermeture totale du nucléaire n’était pas seule option sur laquelle ils ont effectivement travaillé et le MR singulièrement omet de préciser que leur dernier programme prévoyait bel et bien la construction de neuf nouvelles centrales au gaz ! En politique, plutôt que d’admettre que l’on change d’avis, on préfère généralement tordre la réalité.

D’ici la fin de 2025, la Belgique devra avoir fermé toutes ses centrales nucléaires. Ou quasi toutes. Si le pays n’a pas d’autres choix, la possibilité de maintenir deux réacteurs est possible. Mais les cinq autres vont disparaitre. Le Gouvernement fédéral aimerait faire du démantèlement de centrales nucléaires une véritable filière industrielle belge.