Entre erreurs politiques, « arrogance » et mauvaise lecture de la situation économique, récit des six semaines infernales de la cheffe de gouvernement conservatrice, forcée de démissionner. Sous la pression des marchés financiers et des élus conservateurs, elle avait dû abandonner la majeure partie de son plan et limoger son ministre des Finances. Un revers qui a précipité sa chute. Comment Liz Truss et le Royaume-Uni en sont-ils arrivés là aussi vite ?

Si trois de ces chocs ont été subis et sont liés à des événements extérieurs, le Brexit reste une crise que les Britanniques se sont auto-infligés en votant en faveur de la sortie de l’Union européenne. Ce choc est peut-être celui qui a fait le plus de dégâts en termes économiques, notamment en entamant la confiance des agents économiques, domestiques et étrangers.

L’atmosphère de fin de règne liée au grand âge d’Elizabeth II risque de renforcer le relatif isolement du pays avec ses anciennes colonies, dont certaines ont déjà coupé ce lien. Selon ses promoteurs comme Boris Johnson, le divorce avec l’Europe devait permettre de renouer avec la grandeur impériale . Mais la remise en cause de la mondialisation de l’économie met en lumière le paradoxe d’une politique britannique entretenant la tension avec son plus proche et principal partenaire, l’UE.

On commence à percevoir les résultats du Brexit, le protocole étant entré en vigueur en 2019. Ils sont assez clairs : le Royaume-Uni a loupé le redémarrage du commerce mondial post-Covid. Et cet effet, sans surprise, se concentre essentiellement sur ses relations avec l’Union européenne. En deux mots, les importations depuis l’Europe en particulier ont chuté d’un quart.

Le #partygate semble sonner le début de la fin pour Boris Johnson, lâché par une partie des Conservateurs. BoJo aurait-il perdu son mojo ? Passe encore les scandales à répétitions, mais quand il s’agit des élections, on ne rit plus. Ce sont les Conservateurs qui ont poussé Thatcher vers la sortie ; ceux-là qui ont forcé Cameron à organiser un référendum sur le Brexit, accélérant sa chute ; et ce sont encore les Conservateurs qui ont jeté Theresa May dehors. Soyons-en certains, si Boris Johnson est contraint de démissionner, ce sera parce que son parti l’aura décidé.