Le #partygate semble sonner le début de la fin pour Boris Johnson, lâché par une partie des Conservateurs. BoJo aurait-il perdu son mojo ? Passe encore les scandales à répétitions, mais quand il s’agit des élections, on ne rit plus. Ce sont les Conservateurs qui ont poussé Thatcher vers la sortie ; ceux-là qui ont forcé Cameron à organiser un référendum sur le Brexit, accélérant sa chute ; et ce sont encore les Conservateurs qui ont jeté Theresa May dehors. Soyons-en certains, si Boris Johnson est contraint de démissionner, ce sera parce que son parti l’aura décidé.

Tous les avantages économiques post-Brexit seraient éclipsés par les coûts provoqués par la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, selon une analyse des chiffres du gouvernement réalisée par l’Observatoire britannique des politiques commerciales de l’Université du Sussex et commandée par le quotidien The Independent.

Ces derniers jours, le manque d’essence et de biens de consommation a semé un vent de panique en Angleterre. Des événements qui ne sont pas sans rappeler la période 1978-1979. Récemment, les images de clients de stations-service qui en viennent aux mains devant des pompes à essence prises d’assaut ont fait le tour du monde, invitant à la comparaison de nombreux observateurs avec l’Hiver du mécontentement, dont l’empreinte dans la mémoire collective britannique semble toujours d’actualité.

Cela fait désormais cinq mois que les frontières entre le Royaume-Uni et l’Union européenne sont rétablies. Et dans un contexte marqué par la pandémie, cela ne s’est pas fait sans heurts. Côté britannique, la crise sanitaire a accentué l’impréparation aux frontières. Et côté européen, l’avance prise par le Royaume-Uni en matière de vaccination a hérissé Bruxelles, qui, en limitant les exportations vers l’outre-Manche de doses de vaccin fabriquées dans l’Union, a enfreint le traité de coopération signé fin décembre.

Vilipendée pour son impuissance contre l’instauration de contrôles douaniers pour les marchandises en provenance de Grande-Bretagne dans le cadre du Brexit, Arlene Foster, 50 ans, a annoncé le 28 avril quitter la tête du DUP à la fin de mai et son poste de chef du gouvernement local à la fin de juin.
C’est le ministre de l’agriculture, Edwin Poots, 56 ans, qui rejette la théorie de l’évolution et est convaincu que le monde a été créé 4 000 ans avant Jésus-Christ, qui a été choisi pour diriger le parti. Mais il a préféré conserver son poste actuel et a donc désigné Paul Givan pour prendre la tête de l’exécutif local.

Que devient la démocratie si une campagne électorale cesse d’être ce moment où la communauté nationale, par le débat public et la controverse, décide collectivement de son destin ? Si elle devient la résultante de stratégies d’investissements publicitaires fondées sur un micro-découpage de l’opinion et des micromanipulations quotidiennes ? Que devient, même, la Nation ? La fragmentation de la communauté nationale en de multiples cibles, l’envoi de messages spécifiques à ces micro-segments, dans le secret et sans contradiction, interdisent une réelle délibération politique, préalable au vote.

Les deux partis écossais favorables à l’indépendance ont renforcé, jeudi 6 mai, leur majorité au Parlement d’Edimbourg et souhaitent désormais l’organisation d’un nouveau référendum. Le premier ministre britannique y est opposé. Mais le Brexit a déclenché une réaction en chaîne des nationalismes, au risque d’un scénario longtemps inimaginable : le délitement progressif du Royaume-Uni.