L’étau se resserre autour de Boris Johnson, soupçonné d’avoir enfreint les mesures de confinements prises pour lutter contre l’épidémie de Covid au Royaume-Uni. La police londonienne a annoncé mardi 25 janvier enquêter sur plusieurs fêtes organisées à Downing Street et au sein de la haute administration pendant les confinements, à l’origine d’une grave crise menaçant le premier ministre.

Le #partygate semble sonner le début de la fin pour Boris Johnson, lâché par une partie des Conservateurs. BoJo aurait-il perdu son mojo ? Passe encore les scandales à répétitions, mais quand il s’agit des élections, on ne rit plus. Ce sont les Conservateurs qui ont poussé Thatcher vers la sortie ; ceux-là qui ont forcé Cameron à organiser un référendum sur le Brexit, accélérant sa chute ; et ce sont encore les Conservateurs qui ont jeté Theresa May dehors. Soyons-en certains, si Boris Johnson est contraint de démissionner, ce sera parce que son parti l’aura décidé.

À la suite de la défaite écrasante des Tories lors de l’élection partielle, le 16 décembre, dans le North Shropshire, bastion rural du parti conservateur britannique, le Premier ministre, Boris Johnson, semble être de plus en plus fragilisé après des semaines de scandales, de révélations et de volte-faces incessantes autour des restrictions sanitaires.

Ces derniers jours, le manque d’essence et de biens de consommation a semé un vent de panique en Angleterre. Des événements qui ne sont pas sans rappeler la période 1978-1979. Récemment, les images de clients de stations-service qui en viennent aux mains devant des pompes à essence prises d’assaut ont fait le tour du monde, invitant à la comparaison de nombreux observateurs avec l’Hiver du mécontentement, dont l’empreinte dans la mémoire collective britannique semble toujours d’actualité.

Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’UE, les Européens sont confrontés au durcissement des règles migratoires britanniques, une revendication de l’extrême droite reprise par le premier ministre. L’expérience des Européens au Royaume-Uni illustre concrètement l’immense régression que constitue le Brexit, qui recrée des barrières oubliées entre les acteurs économiques et entre les citoyens. Une situation face à laquelle l’UE se doit de réagir.

Les sondages suggèrent que l’électorat ne semble pas s’en soucier – ce qui leur importe, c’est la rapidité avec laquelle ils peuvent se faire vacciner et la rapidité avec laquelle les restrictions de confinement seront levées. Il se peut que le type de changement culturel soit le fruit de la montée de la politique populiste basée sur des slogans associée à la montée de Trump et au processus du Brexit.