Faut-il que l’Etat Belge exploite lui-même les réacteurs nucléaires ? C’est la proposition que fait Engie à l’Etat Belge. Participer aux bénéfices, participer aussi aux risques. Si l’on prend le temps de se tourner vers l’histoire, cette proposition flirte entre le gâchis et l’insulte. Aucun intérêt supérieur ne parvenait à mobiliser les acteurs de la particratie belge de la fin des années 80 autour d’un dossier aussi stratégique, c’est ça le pays de singes dont parlait Eyskens en 91. Engie n’a connu que ça, un pays de singes. Les singes ont fait sa fortune. Il est donc normal qu’Engie continue de nous traiter comme des singes.

On observe un attachement assez fort dans la plupart des monarchies constitutionnelles du nord de l’Europe. Cet attachement est une surprise. Il y a 40 ou 50 ans, la grande crainte des monarchistes était que l’attachement à la couronne s’érode de génération en génération au fur et à mesure que progressent les idées démocratiques. La monarchie est la preuve que la démocratie a ses raisons que la raison ne peut comprendre.

Il faut augmenter le budget de la défense au nom du réalisme suite à la guerre en Ukraine Mais comment un « réaliste » peut-il expliquer que l’enjeu primordial est de dépenser plus alors que l’Europe dépense 4 fois plus que la Russie mais juge sa défense inefficace ? Comment un « réaliste » peut-il juger opportun de dépenser plus alors que notre industrie de défense est faible et largement dépendante des Américains ? Dépenser plus et ne pas affronter ces questions-là est une naïveté aussi confondante que celle qui a conduit au désinvestissement des forces armées du pays.

La Wallonie est forte, la Wallonie est belle, la Wallonie s’en sortira. C’est la phrase la plus marquante du discours du ministre-président wallon Elio di Rupo devant le parlement à Namur. Une phrase qui veut exorciser une forme de désillusion, de désenchantement. Mais les dirigeants de la Wallonie peine à imposer un nouveau récit. Malgré tous leurs efforts.

La purge continue au CD&V, après le président des démocrates chrétiens flamands, c’est le ministre flamand Wouter Beke qui démissionne. Le CD&V a tué son père, une fois de plus. Le sacrifice est une spécialité maison. Premier constat : aucun parti n’a perdu autant de cadres ces dernières années. Yves Leterme, Koen Geens, Kris Peeters, Marianne Thyssen, Steven Vanackere, Stefaan de Clerck, Pieter de Crem, Inge Vervotte. Dans les couloirs du CD&V les photos des employés du mois tiennent de la galerie mortuaire. Une hémorragie qui n’a d’équivalent dans aucun autre parti.

Lorsque le fait régional s’est imposé, la remise en cause de ces ouvrages imposés à Bruxelles dans les années 70 est devenue progressivement une revendication politique à Bruxelles. Mais bon nombre de wallons et les flamands ont toujours des difficultés à l’accepter. Manifestement, la représentation du rôle très “utilitaire” de la capitale de la part de certains élus wallons et flamands reste forte.

Finalement ce qui risque de faire sauter ces facteurs bloquants ce sera la réalité. Financer le réarmement massif poussé par la guerre, faire face au trou béant laissé par le covid, les besoins colossaux d’investissement climat dans un contexte de rareté des ressources. Machiavel disait qu’en politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal. Avec l’impôt sur la fortune, on en est là.

Le président des socialistes flamands, Conner Rousseau, suscite la polémique : quand je passe en voiture dans Molenbeek je ne me sens pas non plus en Belgique. Les socialistes francophones ont vivement réagi, les socialistes flamands l’ont largement soutenu. L’épisode démontre la faille qui sépare le nord et le sud au sujet de l’intégration et du sentiment national.