Le débat sur le droit à l’avortement illustre bien la complexité de la situation d’un pays partagé entre un courant conservateur minoritaire mais de plus en plus agressif et un libéralisme politique majoritaire mais profondément divisé. Au
cours des vingt dernières années et en dépit de campagnes électorales clivantes sur ce sujet de société, l’opinion publique américaine a peu varié et se résume à un soutien réservé au droit à l’avortement qualifié de pro choice contre les adversaires de ce droit, les pro life.

L’opposition parlementaire en Pologne a dénoncé ce lundi 6 juin une disposition gouvernementale obligeant les médecins traitants à inscrire les grossesses dans un registre numérique médical, ce qui pourrait fournir, selon elle, « un nouvel outil de répression » envers les femmes, dans un pays où l’avortement est pratiquement interdit.

Contrairement aux autres démocraties occidentales, les Etats-Unis n’ont jamais vu disparaître l’opposition à l’avortement après sa légalisation. Le sujet est devenu un « marqueur politique structurant » dans le pays. Explications de l’historien Simon Grivet.

Avec les arguments rédigés par Alito et les autres juges conservateurs, les vannes seront ouvertes pour interdire la pilule abortive, faire de l’avortement comme un meurtre ou empêcher les femmes de partir dans un autre État pour avorter, ce qui ne serait ni plus, ni moins qu’une atteinte à la liberté de se déplacer. Et au-delà : la remise en cause du fondement juridique constitué par le droit à la vie privée pourrait rapidement criminaliser la contraception, sans parler des mariages mixtes et des mariages entre personne de même sexe 

la Cour suprême américaine s’apprêterait à annuler l’arrêt historique de Roe v Wade, qui reconnait depuis près d’un demi-siècle le droit à l’avortement. D’autres pays, dont le Brésil et la Pologne, ont également restreint l’accès à l’IVG ces dernières années. Le quotidien The Guardian évoque une « nouvelle ère » globale.

Choisir pour diriger le Parlement des Vingt-Sept une femme qui assume son opposition au droit à l’avortement, quatre décennies après Simone Veil et au moment où les femmes polonaises mènent un combat acharné contre les mesures prises par le gouvernement conservateur à Varsovie, qui aboutissent à les priver de l’accès à l’IVG, est en parfaite contradiction avec les objectifs humanistes et éclairés de l’UE.

Avortement, armes, vaccination: les décisions à venir pourraient bousculer substantiellement la société américaine. Les affaires sur lesquelles les neuf juges de la Cour suprême des États-Unis se prononceront cette année touchent à des sujets pour le moins brûlants, et les décisions à venir pourraient bousculer substantiellement la société américaine. Pour l’administration Biden, c’est un risque supplémentaire à prendre en considération alors que les élections de mi-mandat, décisives pour lui, auront lieu en novembre.

Le gouvernement démocrate américain a formellement demandé, lundi 18 octobre, à la plus haute instance judiciaire des États-Unis de bloquer un texte restrictif sur l’avortement au Texas. Ses chances de voir la Cour suprême à majorité conservatrice lui donner raison sont très incertaines, estime la presse américaine.