La Belgique a décidé de refuser l’asile aux Afghans, dénonce l’avocate Selma Benkhelifa. La guerre en Afghanistan est-elle bien finie, comme l’estime le Commissariat aux réfugiés, alors que l’Etat islamique affronte toujours les talibans et que les attentats sont quotidiens ? Les réfugiés afghans présents en Belgique ne vont pas s’évaporer, considère l’avocate. « Ils vont juste rester là ».

Il est humainement inacceptable que l’Europe et la Belgique fassent une distinction entre des réfugiés qui fuient la guerre depuis un pays du continent européen et les autres. Pensez aux 23.000 personnes qui sont mortes en Méditerranée depuis 2014 à cause du régime frontalier européen. Le nationalisme de la Russie et le continentisme de l’UE ont peut-être des visages différents, mais des conséquences mortelles similaires.

Sous le choc du drame de mercredi, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a accusé la France de « ne pas faire assez » d’efforts pour empêcher les migrants d’atteindre ses côtes. « La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière », a proclamé le président Emmanuel Macron. Comme tous leurs prédécesseurs, ils rivalisent de fermeté dans la lutte contre les gangs de passeurs et la protection de la frontière.