Le départ de l’armée française du Mali, après neuf ans d’opérations contre les groupes jihadistes, sanctionne les limites d’une stratégie adoptée par les Occidentaux dans d’autres parties du globe, en Afghanistan notamment: la primauté de la réponse militaire à un fléau notoirement plus profond. « Le contre-terrorisme classique, certes, semble avoir les faveurs des partenaires internationaux. Cependant, il ne s’attaque qu’aux symptômes d’un mal déjà profond »

La première impression d’ensemble est sans doute une certaine déception sur la politique étrangère, qui devait être une force de cette nouvelle administration démocrate : un président avec un demi-siècle d’expérience internationale, au Congrès pendant quatre décennies puis à la vice-présidence pendant 8 ans ; une équipe compétente, et qui avait fait son travail sur la crise de la politique étrangère américaine. la politique étrangère de sa première année confirme certaines continuités sur deux voire trois administrations, et illustre les effets de la polarisation sur la politique étrangère américaine.

20 janvier 2021: Joe Biden accède enfin à la Maison-Blanche, après deux mois et demi d’attente marqués par une contestation sans précédent des résultats de l’élection du 3 novembre 2020, et une insurrection contre le Capitole. Un an après, un premier bilan des actions du nouveau président américain peut être établi. Économie, social, international, sanitaire… Qu’a accompli le président américain 365 jours après son investiture?

C’est l’une des dernières cartes des Etats-Unis pour obtenir Julian Assange: la justice britannique examine à partir de mercredi l’appel américain contre son refus d’extrader le fondateur de Wikileaks, poursuivi pour une fuite massive de documents. Plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse – dont Amnesty International, Human Rights Watch et Reporters sans frontières -, « profondément inquiètes », ont demandé mi-octobre dans une lettre ouverte au procureur général américain d’abandonner ses poursuites..

En intervenant dans cette partie de l’Asie centrale, Erdoğan espère sans doute jouer un rôle diplomatique. Le président Erdoğan «voit des opportunités là où d’autres ne voient que des problèmes», déclarait récemment la directrice d’un think-tank turc. Après l’avoir fait au Soudan, en Somalie et en Libye, détruits et ruinés par des années de guerre civile, le numéro 1 turc semble en effet prêt à engager son pays dans l’Afghanistan des talibans. Mais sur quelles bases: ethniques, religieuses, stratégiques ou politiques?

L’échéance proche des élections de mi-mandat explique le volontarisme du président des États-Unis. Au pouvoir depuis huit mois, Joe Biden s’active pour mettre en œuvre son programme économique Build Back Better et respecter ses engagements de campagne. La courte fenêtre d’opportunité dont il dispose explique en partie son volontarisme. Dans un peu plus d’un an se tiendront les élections de mi-mandat qui pourraient faire basculer le Congrès aux mains de l’opposition républicaine.

Face au spectre d’une « guerre sans fin », le retrait progressif d’Afghanistan et d’Irak est présenté comme l’échec voire l’acte de décès du néoconservatisme. Une telle analyse mérite d’être nuancée et relativisée. Si l’interventionnisme au nom de la démocratie et du « nation building » n’est plus au programme international des Etats-Unis, les représentations qui l’ont légitimé perdurent et continuent d’imprégner les discours et imaginaires collectifs

La puissance militaire au plus gros budget et à la technologie la plus avancée du monde a été défaite en Afghanistan. Les talibans ont aussi invalidé deux idées qui avaient profondément influencé les décisions du monde occidental. La première est que l’on peut exporter la démocratie et la transposer à l’étranger; la seconde, que l’armée américaine est la meilleure au monde.

L’épisode afghan remet tout en question, ou plus précisément nous conduit à nous poser de nouvelles questions. Un message est, sinon certain, du moins très probable. En laissant de côté la brutalité trumpienne et de la gestion brouillonne de la nouvelle administration, nous sommes face à une volonté de désengagement dont les origines, bien avant Trump, remontent à Obama.

Lorsque, le 11 septembre 2001, deux avions de ligne ont percuté les tours jumelles du World Trade Center, les Etats-Unis étaient au zénith de leur moment unipolaire. Auréolée de sa victoire de la guerre froide, de sa prospérité économique et de sa suprématie technologique après avoir lancé la révolution numérique, la puissance américaine paraissait solidement installée au faîte du monde. Les attaques quasi simultanées menées ce matin-là par les terroristes d’Al-Qaida à New York et contre le Pentagone à Washington ont changé les Etats-Unis. La façon dont ils ont réagi a changé le monde.

La principale explication de l’échec américain en Afghanistan est le choix d’une stratégie, entamée par le président Bush, mais ensuite poursuivie par le président Obama, basée quasiment exclusivement sur l’usage de la force. Le soutien au développement a été très peu important au regard des sommes colossales affectées aux opérations militaires.